Philippe Kunter (BPI France) : “Dans un contexte de pénurie de talents la RSE devient un véritable facteur différenciant”

À l’occasion de l’événement The Big Green (12-14 octobre 2022) dont The Good est partenaire, découvrez les témoignages de 3 grands intervenants sur les facteurs de succès et les bénéfices liés à la mise en place d’une politique RSE. Deuxième témoin : Philippe Kunter, Directeur du Développement Durable et de la RSE de Bpifrance.

The Big Green : Quels sont les principes à appliquer et les erreurs à éviter pour une entreprise afin de mener avec succès une politique RSE ?

Philippe Kunter : Pour des raisons éthiques et stratégiques, les entreprises ne peuvent plus ignorer la RSE aujourd’hui, c’est indéniable.

Elle est cependant souvent perçue comme une simple réponse aux contraintes réglementaires ou comme un sujet réservé aux grands groupes.

Chez Bpifrance, nous sommes convaincus que c’est au contraire une source d’opportunités et un facteur clé de compétitivité quel que soit la taille de l’entreprise. Contrairement aux idées reçues, la plupart des entreprises font de la RSE sans le savoir !

Autre écueil : s’engager dans une démarche RSE en mettant en œuvre toutes les actions simultanément. Il est essentiel d’identifier les enjeux RSE prioritaires de l’entreprise en fonction de sa zone géographique, de son secteur d’activité et des attentes de ses parties prenantes (collaborateurs, fournisseurs, syndicats, actionnaires, communautés locales, consommateurs…) avec lesquelles il est important de dialoguer.

Ainsi, il existe autant de façons de faire de la RSE que d’entreprises.

Mais attention, il ne faut pas penser que la RSE, ce n’est que du bon sens. Ce sont des principes qui, appliqués ensemble, conduisent à repenser l’entreprise : son organisation, son système de management, son offre de produit. Cela demande du temps et il faut accepter de tâtonner et de sortir de sa zone de confort pour aller toujours plus loin dans ses engagements.Ce travail ne peut pas se faire seul. Il ne faut pas hésiter à se faire aider par des organismes externes ou se servir des nombreux référentiels d’actions (ISO 26000…) comme guide.

Par ailleurs, pour être efficace, une démarche RSE doit être portée au plus haut niveau afin d’aligner et d’embarquer l’ensemble des équipes. S’il paraît évident que l’engagement et la conviction des dirigeants sont essentiels, il faut aussi que chaque département et chaque personne de l’entreprise s’implique pleinement pour s’affranchir du caractère « anecdotique » ou pire, « contraint » de la démarche. Elle doit être placée au cœur de l’entreprise et donc au cœur de son système d’organisation et de son système d’offre en intégrant l’ensemble de ses parties prenantes.

Pour conclure, Il ne faut pas hésiter à faire de cette démarche, un levier d’éco / socio innovation. C’est cela qui crée de la valeur et produit du sens, source de motivation et d’attractivité.

The Big Green : Quels indicateurs de mesure et premiers bénéfices pour l’entreprise, ses collaborateurs, ses clients ?

P.K : Une démarche RSE passe inévitablement par la mesure et le suivi de l’évolution des actions car les notions de progression, de transparence et d’évaluation sont essentielles. Même si cela n’est pas obligatoire pour les entreprises de moins de 500 salariés et de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, il n’en demeure pas moins que ce type d’information est de plus en plus demandé par les donneurs d’ordre, les investisseurs, les banques…

La RSE s’écrit au pluriel. Il existe autant de façons de faire de la RSE que d’ADN d’entreprises et d’entrepreneurs et donc autant d’indicateurs clés qui découlent des enjeux RSE prioritaires qui auront été définis en amont.Il est donc tout à fait possible de faire de la RSE avec seulement quelques indicateurs décisionnels, des engagements concrets et une feuille de route pluriannuelle, sans excès de bureaucratie.

Il existe :

–   des indicateurs quantitatifs qui vont par exemple permettre de suivre les émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise, les arrêts maladie des collaborateurs, les cas de pollution, l’écart des salaires entre les femmes et les hommes, les heures de formation, etc.

–   des indicateurs qualitatifs, souvent plus difficiles à appréhender, comme l’indice de satisfaction de qualité de vie et de santé au travail ou le sentiment d’appartenance des salariés.

L’implication de l’entreprise dans la préservation de la planète mais aussi dans le bien-être de ses collaborateurs et un traitement respectueux de ses fournisseurs, clients… est un facteur d’attractivité des talents mais aussi de motivation et de fidélisation des collaborateurs. La RSE fédère les hommes et favorise leur engagement et leur sentiment d’appartenance. Dans nombre de cas, elle est synonyme de gouvernance ouverte, de management participatif, d’actionnariat salarié, de bien-être au travail, etc.

Dans un contexte de pénurie de talents et de marché du travail tendu, elle devient un véritable facteur différenciant.

Autre bénéfice, plusieurs études montrent une corrélation entre les démarches RSE mises en place par les entreprises et leurs performances économiques. Selon France Stratégie, les entités qui intègrent les critères ESG ont augmenté leur performance en moyenne de 13%.  De plus en plus considèrent que la RSE améliore les pratiques sociales et environnementales de l’entreprise et influence positivement sa valeur immatérielle à moyen terme.

Enfin, la RSE conduit souvent à des opportunités de marché soit par le biais d’innovations produits soit parce que les entreprises donneuses d’ordre privilégient les fournisseurs ayant une démarche de responsabilité sociale. 

Pour retrouver Philippe Kunter et les autres speakers, inscrivez-vous à The Big Green en suivant ce lien : https://tbgnow.teamresa.net/.

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