Le poids du numérique dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre est fréquemment pointé du doigt, et ce n’est pas près de cesser étant donné l’impact anticipé de l’IA.
Mais si, en matière d’intelligence artificielle, beaucoup de choses nous échappent, ce n’est pas le cas de nos ordinateurs et de nos téléphones.
Les fabricants rivalisent de promesses plus éco-responsables les unes que les autres. Ainsi, l’iPhone Air, plus léger et intégrant davantage de matériaux recyclés, affiche une empreinte carbone de 15 % inférieure à celle de l’iPhone 17 Pro.
Greenly, société spécialisée dans la comptabilité carbone, s’est penchée sur les performances des iPhone 17 Pro et Air d’Apple, du Galaxy S25 de Samsung, du Pixel 10 de Google et du Xiaomi 14, sur l’intégralité de leur cycle de vie, depuis l’extraction des matières premières jusqu’à leur fin de vie, en passant par leur fabrication et leur utilisation.
L’étude (en anglais) fait apparaître des disparités dans les chaînes de production, entre le Samsung Galaxy S25 (le plus sobre) et le Pixel 10 de Google, qui affiche l’empreinte la plus élevée.
La phase d’utilisation pèse plus ou moins lourd selon que le mix électrique du pays est plus ou moins carboné. Mais le modèle de Samsung est là encore le plus vertueux, ceux d’Apple étant les plus consommateurs.
Plus de 80% de l’impact est lié à la fabrication
En valeur absolue, l’empreinte carbone de chaque marque varie également avec les volumes vendus. Or, en 2024, Apple a écoulé 231,8 millions d’unités et Samsung 223,4 millions, loin devant Xiaomi (169 millions) et Google (14 millions). Pour la seule phase d’utilisation, l’impact d’Apple est 23 fois supérieur à celui de Google.
Mais la véritable information, c’est que, tous modèles confondus, la phase de fabrication, incluant le transport et la gestion en fin de vie, concentre entre 80 et 85% des gaz à effet de serre émis sur toute la durée de vie des smartphone.
Aussi, le véritable levier pour réduire l’empreinte de nos smartphones réside entre nos mains. C’est seulement en prolongeant la durée de vie de nos produits, en les faisant réparer si besoin et en cédant aux sirènes de la publicité, que nous pouvons réellement avoir un impact.
Ce qui pose aussi la question de l’obsolescence programmée de ces produits et de la possibilité de les faire réparer ou non, selon qu’ils ont été éco-conçus à cet effet.
Autant de sujets sur lesquels les fabricants de smartphones ne sont pas réputés pour être les plus en pointe.