Du constat à l’action : comment plus de 300 organisations s’organisent contre le sexisme ordinaire
L’initiative #StOpE lance sa première campagne nationale « Petits gestes, grands effets » pour inciter chacun à devenir acteur du changement.
« Le sexisme ordinaire au travail ne reculera que si les organisations agissent collectivement, de manière structurée et opérationnelle. »
C’est sur cette conviction et pour souligner l’importance stratégique de l’engagement des employeurs dans la transformation durable du monde du travail, que s’est créée l’initiative #StOpE (Stop au Sexisme dit Ordinaire en Entreprise).
Lancée en 2018 par Accor, EY et L’Oréal, elle est pilotée depuis 2021 par l’Association Française des Managers de la Diversité (AFMD), dédiée à prévenir les discriminations ainsi que promouvoir la diversité et l’inclusion dans le monde professionnel à travers la recherche et le développement d’outils.
Deux femmes sur trois déclarent avoir vécu un comportement sexiste en réunion, des situations invisibles pour 64 % de leurs collègues masculins. Cet écart de perception révélé par le baromètre #StOpE 2025 a incité l’initiative à déployer pour la première fois une campagne nationale de sensibilisation, qui repose sur un message simple et mobilisateur : « Petits gestes, grands effets ».
L’occasion, pour l’AFMD et les organisations signataires, de rappeler que chacun et chacune peut être acteur du changement en repérant le sexisme ordinaire et en agissant au moment où il survient. Parce que lutter contre le sexisme ne relève pas uniquement de grandes décisions : des gestes simples, répétés, peuvent produire de grands effets.
Cette année, #StOpE a mobilisé plus de 300 entreprises, institutions et établissements d’enseignement contre le sexisme. En amont de la Journée nationale de lutte contre le sexisme le 25 janvier, les signataires se sont réunis à la Bibliothèque nationale de France en présence de Madame Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations.
Des organisations signataires de tous profils
#StOpE a rallié en 2026 plus de 40 nouveaux signataires. Des entreprises telles que BUT, Brasseries Kronenbourg, Groupe Crédit Agricole, Carglass, Geopost, mais aussi des organisations issues de nouveaux secteurs comme la santé publique (CHU de Montpellier, Mutuelle Nationale des Hospitaliers), ou la fonction publique territoriale (délégation interrégionale du ministère de la Justice). En rejoignant #StOpE, les organisations signent un acte d’engagement commun, structuré autour de huit engagements clés, allant du principe de tolérance zéro à l’évaluation des actions mises en œuvre.
L’année dernière, les signataires de 2025 ont déployé 1 561 actions, en hausse de 20 % par rapport à 2024. Depuis son lancement, le programme de e- learning « Prévenir et lutter contre le sexisme ordinaire en entreprise » a permis de sensibiliser plus de 72 000 collaborateurs, dont 26 000 cette dernière année.
Les représentantes des organisations co-fondatrices Anne-Sophie Beraud, SVP Social Care & Impact de Accor, Anne-Laure Thomas Directrice Diversités, Equité et Inclusion pour L’Oréal Groupe en France, et Morgane Reckel, Directrice de l’Engagement EY France, se sont réjouies de ces résultats, qui reflètent « un cadre d’action collectif fondée sur des actions concrètes, pour faire évoluer durablement les pratiques » et démontrer que « Le sexisme ordinaire au travail ne se résume pas à des situations individuelles ni à des prises de position de principe »