Selon le dernier Baromètre des achats responsables publié en avril par Ecovadis et Accenture, trois grandes motivations incitent les entreprises du monde entier à adopter des démarches d’achats responsables :
- D’abord, la gestion des émissions carbone et l’objectif de neutralité carbone, toujours majoritaires en dépit du backlash écologique actuel
- Ensuite les pratiques sociales, scrutées avec toujours plus d’attention par les parties prenantes
- Enfin, les opportunités de création de valeur liées à la circularité et l’efficacité des ressources
Ce dernier point monte en puissance à l’échelle mondiale. Les achats responsables changent de nature.
Là où il s’agissait initialement en premier lieu de se conformer à la réglementation en vigueur, la majorité des entreprises voient désormais dans l’innovation appliquée aux achats, le principal levier de retour sur investissement.
Outre la valeur issue de produits plus circulaires et d’une utilisation plus efficace des ressources, une chaîne d’approvisionnement plus responsable est aussi plus résiliente, ce qui pérennise l’activité de l’entreprise en la protégeant mieux des risques de rupture.
Alors que les perturbations des chaînes d’approvisionnement amputent la croissance de 1600 milliards de dollars par an, le baromètre révèle que les entreprises les plus résilientes affichent une progression de leur chiffre d’affaires de 3,6% plus élevée que la moyenne.
Le retard des fournisseurs en matière d’IA est particulièrement marqué en France
Cependant, la France affiche un certain retard dans cette approche des achats responsables comme levier de création de valeur.
En effet, la conformité y reste de loin le principal objectif poursuivi dans l’adoption d’une telle démarche (72%), devant l’innovation (62%) et la réduction des risques (60%). De façon générale, on observe une asymétrie dans l’utilisation que les entreprises font de l’IA.
De plus en plus largement déployée par les acheteurs du monde entier pour de l’analyse prédictive (78 %), la validation de leurs données carbone (66 %) et l’évaluation de leurs risques fournisseurs (62 %), elle demeure encore peu utilisée par les fournisseurs.
Ce retard numérique nuit à la visibilité des acheteurs sur leur fournisseurs. Celle-ci s’amenuise au-delà des fournisseurs de rang 1 et devient quasi nulle dès ceux de rang 3. Là encore, le retard des fournisseurs en matière d’IA est particulièrement marqué en France, où près de la moitié d’entre eux (46%) n’ont encore engagé aucune démarche.