29/09/2026

Temps de lecture : 2 min

La disparition de journalistes en régions menace tout l’écosystème informationnel des territoires

Une tribune publiée par un collectifs d’agences de presse reflète une inquiétude largement partagée par les professionnels des relations presse devant l’effondrement des effectifs de journalistes terrain.

La moitié des postes de journalistes supprimés à La Tribune, dont de nombreux en régions, des centaines d’emplois menacés dans le groupe EBRA, une vingtaine de secrétaires de rédaction remplacés par l’IA chez Infopro Digital (projet suspendu par la Tribunal judiciaire de Créteil), la totalité des rédactions en région supprimées au Journal des Entreprises repris par le groupe Overlord… Cette litanie se poursuit depuis plusieurs mois, alimentée par la crise de la presse sur fond d’effondrement des recettes publicitaires et de généralisation de l’IA (qui nourrit d’ailleurs cette érosion).

Depuis le début de l’année, ce sont plus de 1300 postes qui ont ainsi disparus, essentiellement dans les rédactions régionales.

Au-delà des ravages sociaux que cela entraîne, c’est tout un pan de notre démocratie qui se trouve ainsi menacé, comme l’avait démontré en novembre dernier l’enquête menée par la Fondation Jean-Jaurès avec Les Relocalisateurs et coordonnée par David Medioni, codirecteur de l’Observatoire des médias de la Fondation.

Plus un territoire dispose de médias actifs, plus la participation électorale, la confiance et l’engagement citoyen sont élevés. À l’inverse, certaines zones en voie de « désertification médiatique » voient progresser la dépendance aux réseaux sociaux et reculer les comportements civiques.

Un phénomène préoccupant pour l’ensemble des acteurs économiques d’un territoire

Cette situation, qui a par ailleurs suscité sur les réseaux sociaux de nombreuses réactions de leurs consœurs et confrères à l’échelon national, a poussé les fondatrices de plusieurs agences de presse de la région bordelaise à publier dans Stratégies il y a une semaine une tribune intitulée « Presse régionale : qui restera-t-il pour couvrir nos territoires ? ».

Elles alertent sur ce qu’entraîne la disparition des journalistes de terrain, dont elles estiment être les alliées : l’affaiblissement d’une mission essentielle consistant à décrypter la société, révéler les initiatives d’un territoire, mettre en lumière les dynamiques économiques, informer les citoyens sur ce qui les concerne directement et contribuer ainsi à faire vivre le débat public et la démocratie.

Au-delà des journalistes, ce sont aussi quelque 20 000 attachés de presse qui se trouvent fragilisés par cette érosion des effectifs de leurs interlocuteurs et de la vitalité des médias avec lesquels ils coopèrent.

Plus largement,

« C’est un sujet qui doit aujourd’hui préoccuper tous les acteurs économiques d’un territoire – entreprises, institutions, décideurs – et pas seulement ceux qui en vivent directement » alertent les signataires.

Pour enrayer le phénomène, elles appellent au respect du droit d’auteur en cessant le partage gratuit d’articles sur les réseaux sociaux et à l’achat média en complément du travail journalistique lorsque c’est à bon escient.

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