19/05/2026

Temps de lecture : 3 min

Service militaire adapté : 6000 jeunes ultramarins formés chaque année et 80% de taux d’insertion professionnelle !

Né en 1961, le Service militaire adapté (SMA) a formé 130 000 jeunes ultramarins en réponse à de violentes émeutes dans les Antilles françaises en proie à un fort chômage. C'est une vraie réussite qui permet d'insérer des jeunes ultramarins par l’emploi, de participer au développement économique du territoire et d'intervenir en cas de « crise naturelle ».
Un jeune volontaire du SMA et sa mère à l'issue de la présentation au drapeau à Mayotte

Un jeune volontaire du SMA et sa mère à l'issue de la présentation au drapeau à Mayotte

En ce mois de mai 2026, le Service militaire adapté (SMA) fête ses 65 ans.

Depuis 1961, ce dispositif militaire d’insertion socio-professionnel a formé 130 000 jeunes dans les Outre-mer. Aujourd’hui, sur près de 6000 personnes âgées de 18 à 25 ans accompagnées chaque année, 80% trouvent un emploi dans l’une des 90 filières proposées. Si 12% d’entre eux intègrent finalement l’armée, le SMA n’a pas vocation à servir de vivier de recrutement.

C’est à l’initiative d’un général qu’il voit le jour en 1961, en réponse à de violentes émeutes dans les Antilles françaises en proie à un fort chômage. Son premier objectif consistait à rendre le service militaire obligatoire en Outre-mer comme il l’était alors dans l’Hexagone, tout en étant utile aux territoires ultra-marins concernés.

« Les régiments du SMA ont toujours contribué aux grands travaux (ponts, routes, etc.) », précise le Général Patrice Bellon, qui commande aujourd’hui le SMA.

Lorsque le service militaire est suspendu en France métropolitaine (en 1997), les volontaires remplacent les conscrits, et le dispositif passe sous la tutelle du Ministère des Outre-mer.

Une mission de sécurité civile face aux catastrophes naturelles

Ses principales missions : insérer des jeunes ultramarins par l’emploi, participer au développement économique du territoire et intervenir, sous commandement du préfet, en cas de « crise naturelle ».

Ce fut le cas ces dernières années suite aux cyclones Shido à Mayotte (décembre 2024), Garance à la Réunion (février/mars 2025), Irma en Guadeloupe et à Saint-Martin (2017) ou encore dans la crise du chikungunya, les incendies en Nouvelle -Calédonie, etc.

L’une des filières forme d’ailleurs des agents de la sécurité civile et des pompiers. « Mais chaque régiment doit être prêt à intervenir en permanence, précise le Général Bellon. Tous répondent à cette exigence de disponibilité et de compétences. »

C’est pourquoi les volontaires sont sélectionnés, selon des critères certes moins exigeants que pour les engagés au combat. Cette mission va monter en puissance, avec la mise en place d’une formation de secours en équipe et de déblaiement. En outre, à compter de 2027, des compagnies de réserve opérationnelles composées d’anciens volontaires y seront dédiées.

L’économie verte et bleue à l’honneur

Le SMA est très populaire auprès des jeunes de tous les territoires ultramarins, y compris les jeunes femmes qui représentent 36% des volontaires. Notamment parce qu’il leur permet de passer leur permis de conduire et, pour un tiers d’entre eux, de sortir de l’illettrisme.

Les formations proposées sont alignées avec les besoins de chaque territoire, que ses responsables établissent en lien étroit avec les chambres consulaires et les antennes locales de France Travail, du Medef, de la CPME, et bien sûr, avec la collectivité.

Un Conseil de perfectionnement annuel permet de tirer le bilan de l’activité passée et d’identifier les filières à développer. « Nous menons actuellement une réflexion sur des métiers plus pérennes et porteurs de sens, notamment dans l’économie verte et bleue, en lien avec la sécurité alimentaire », annonce le Général Bellon. Les formations sont délivrées par des engagés, recrutés pour moitié dans l’Hexagone, pour moitié sur le territoire, eux-mêmes formés pendant six mois.

Un concours culinaire pour mettre en lumière les talents des Outre-mer

Du 26 au 28 mai, le SMA célèbre son 65ème anniversaire à Paris. Au programme, le ravivage de la flamme du soldat inconnu et une cérémonie militaire au Ministère de l’Outre-mer. Mais aussi, un concours culinaire entre équipes de chaque territoire ultramarin sous l’égide de Thierry Marx.

« La gastronomie permet de donner une image positive des outre-mer dans leur diversité, de révéler des talents cachés et de souligner la montée en gamme de ces métiers ».

Au-delà, « ces célébrations sont l’occasion de montrer que l’État s’investit dans les Outre-mer au profit des populations en difficulté », insiste le Général Bellon. Et de mieux faire connaître le SMA dans l’Hexagone, où un dispositif similaire, le Service militaire volontaire, forme depuis 11 ans 1500 jeunes par an, avec un taux d’insertion de 83%.

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