21/04/2026

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Les constructeurs automobiles veulent repousser encore l’électrification du parc européen, un cadeau pour la Chine

L’association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) propose d’assouplir encore les contraintes de réduction d’émissions de CO2 des véhicules. Pour l’ONG Transport et environnement (T&E), cela pourrait faire grimper la facture des importations de pétrole de 74 milliards d’euros d’ici à 2035 et, surtout, retarder la transition de l’industrie européenne, creusant encore un peu plus l’écart avec la Chine.

En décembre 2025, la Commission européenne avait déjà proposé d’assouplir les contraintes pesant sur l’industrie automobile européenne en matière d’émissions de CO2. Ce faisant, elle renonçait à l’objectif d’interdiction des ventes de véhicules thermiques en 2035, une mesure phare du Pacte Vert visant la neutralité carbone en 2050.

La Commission proposait de ramener la baisse des émissions de 100% à 90% par rapport à 1990 et d’étaler sur trois ans la baisse prévue pour 2030. L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) demande que l’objectif soit ramené à 80% et à ce que ce délai soit allongé à cinq ans.

Selon l’ONG Transport et environnement (T&E), qui révèle un document adressé en mars dernier aux ministres européens de l’Environnement, si cette demande était acceptée, cela aurait des conséquences dramatiques pour la balance commerciale européenne, pour les émissions de CO2 du Vieux Continent, mais aussi pour l’industrie automobile européenne elle-même.

Retarder la transition de l’industrie européenne favoriserait les acteurs chinois

Une plus grande quantité de véhicules thermiques ou hybrides en circulation maintiendrait la consommation en carburant fossile à un niveau nécessitant des volumes de pétrole importé qui pourrait se traduire par une facture alourdie de 74 milliards d’euros par rapport à celle qu’entraînerait la réglementation actuelle.

Un comble pour l’ONG, alors même que la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, en faisant flamber les cours du baril de pétrole, mettent en évidence une nouvelle fois le coût de notre dépendance à l’or noir.

En permettant de continuer à commercialiser des véhicules hybrides, ce nouvel assouplissement limiterait les ventes de véhicules électriques à 52% en 2035 (au lieu des 100% initialement envisagés).

Cela conduirait mécaniquement leur part de marché à plafonner à 21% du parc automobile au lieu de 57%, c’est-à-dire une stagnation par rapport à la situation actuelle. Et cela se traduirait par une hausse des émissions de CO2 de près de 2,4 gigatonnes entre 2026 et 2050, soit l’équivalent de plus de cinq années d’émissions du parc automobile actuel de l’Union européenne.

Mais le plus grave aux yeux de T&E, c’est que cela retarderait encore la transition de l’industrie automobile européenne. Conséquences : un retard dans l’offre européenne de véhicules électriques abordables et une opportunité pour la Chine d’accroître encore son avance sur ce marché…

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