À rebours du sentiment diffus d’un repli des préoccupations environnementales et sociales des entreprises, le statut de société à mission continue de progresser dans le tissu économique français.
Près de 2600 entreprises françaises l’ont adopté depuis son introduction par la loi Pacte de mai 2019, dans l’objectif de mettre en valeur la contribution des entreprises à la résolution des enjeux sociaux et environnementaux du 21ème siècle, et non plus la seule recherche de profit.
C’est en inscrivant plusieurs éléments dans ses statuts qu’une société peut devenir entreprise à mission :
- Sa raison d’être, qui définit sa finalité et son utilité pour la société civile ;
- Les objectifs sociaux et environnementaux qu’elle se fixe pour la réaliser ;
- Une gouvernance dédiée au suivi exclusif de l’exécution de la mission et à son animation dans le temps : comité de mission ou référent de mission pour les entreprises de moins de 50 salariés qui le souhaitent.
En plus de déposer ses statuts et de déclarer sa qualité de société à mission sur le site du guichet unique des formalités des entreprises, la société doit s’assurer que ces organes dédiés peuvent exercer pleinement leurs prérogatives et, surtout, choisir un organisme tiers indépendant (OTI) qui vérifie périodiquement l’exécution de chaque objectif social ou environnemental inscrit dans les statuts.
Plus d’un million de salariés français travaillent pour une entreprise à mission
Avec 370 nouvelles sociétés ayant acquis ce statut en 2025, en léger retrait sur la moyenne annuelles de 500 nouvelles entreprises depuis 2019, la communauté des entreprises qui se transforment pour mieux intégrer les enjeux sociaux et environnementaux continue de grandir.
Emeis (ex Orpea), la Vie Claire ou Opinion Way figurent parmi les nouveaux venus. Elles rejoignent plus de 2400 entreprises de toutes tailles, avec cependant une forte proportion de grandes entreprises et d’ETI au regard de leur poids dans le tissu économique français.
15% des grandes entreprises françaises sont des entreprises à mission. Par exemple, Danone, La Poste ou la MAIF. Mais aussi de plus petites comme La Belle-Illoise, voire des start-up comme Doctolib ou Back Market. Ensemble, elles représentent 1,1 million de salariés. Dans les secteurs de l’énergie (avec des acteurs tels que Enedis ou Idex) et du transport (La Poste, Transdev ou Keolis), c’est environ un cinquième des salariés qui travaillent pour des entreprises à mission.
Sur le plan géographique, elles sont présentes dans tous les territoires, dont près de 60% ayant leur siège hors d’Ile-de-France, une proportion assez distincte de la géographie des entreprises françaises dans leur ensemble.
Sans surprise, les entreprises à mission obtiennent des scores supérieurs à la moyenne dans des référentiels tels que EcoVadis , l’Impact Score ou Positive Company.
La communauté des entreprises à mission, qui ambitionne de contribuer à l’émergence d’un cadre européen commun, se réjouit en outre que le concept fasse tache d’huile en Europe. En effet, d’autres Etats membres adoptent des modèles comparables et la Commission européenne s’intéresse de plus en plus aux « purpose-driven companies ».