17/02/2026

Temps de lecture : 3 min

« Ma mission consiste à transmettre à la prochaine génération », Olivier Clanchin, CEO d’OLGA

Olga (anciennement Triballat) est une entreprise agroalimentaire familiale, bretonne et indépendante depuis trois générations, spécialisée dans les produits laitiers et végétaux. Elle compte 1150 salariés et réalise avec ses marques Sojasun, Sojade, Vrai, Petit Billy, Grillon d’Or ou Maison Bordier, un chiffre d’affaires de 3O0 millions d’euros. Dans le cadre du « 1% pour la planète », elle dédie 1% de celui de la marque Vrai à des associations agréées. Son président et actionnaire actuel Olivier Clanchin, petit-fils des fondateurs, explique comment Olga a été précurseur sur le végétal et la Bio.

The Good : Comment l’entreprise familiale OLGA que vous dirigez depuis 2005 est-elle devenue une pionnière du végétal et du bio ?

Olivier Clanchin – En 1951, mes grands-parents reprennent la petite laiterie Ravalet à Noyal-sur-Vilain (35), qui avait été fondée en 1874, pour fonder Triballat Noyal. Un an plus tard, ma grand-mère Olga en reprend les rênes au décès de mon grand-père. En 1962, c’est ma mère qui, en tant que femme, obtient une dérogation pour pouvoir suivre une école de laiterie. Elle y rencontre mon père, et ils reprennent l’affaire en 1964.

À l’époque, c’est une petite laiterie de 35 personnes, qui travaille avec 700 producteurs et fabrique surtout des fromages, et un peu de yaourt. Rennes est alors au centre du premier bassin laitier de France. Aujourd’hui, cela reste le premier en Europe.

Mes parents savaient qu’une petite entreprise comme Triballat devait se différencier pour s’en sortir. C’est au contact de personnalités déjà engagées dans cette démarche, comme le grossiste parisien Robert Bonneterre, qu’ils décident en 1975 de lancer des produits bio.

Avec les agriculteurs ils mettent en place une démarche fondée sur un cahier des charges partagé, qui vient de fêter ses 50 ans. Ils lanceront ensuite les premiers produits à base de soja en 1988 puis à base de chanvre en 1984. En 1995, la marque Vrai est la première marque bio à pénétrer dans les supermarchés.

The Good : Quelle est aujourd’hui la part du bio dans votre production ?

Olivier Clanchin – Nous nous distinguons autant par le végétal que par le bio. Comme j’aime le répéter, « Nous sommes pour les combats pour et contre les combats contre. » Le bio a longtemps représenté la moitié de notre production, aujourd’hui c’est 67% de nos achats de matières premières. 89% de nos matières premières et de nos ingrédients proviennent de France ; 79% des volumes que nous collectons sont issus de filières engagées dans une démarche d’agro-écologie. 

La bio a grandi en linéaires, avec des périodes de forte accélération, notamment dans les magasins de proximité pendant le Covid. Mais en 2022, la guerre en Ukraine, l’inflation, l’explosion du prix des intrants et de l’énergie ont mis un coup de frein à cette progression, d’autant plus qu’il y avait une tension sur le pouvoir d’achat du consommateur.

Cela a concerné toute la filière agro-alimentaire, mais dans la bio, nous sommes plus dépendants du climat ; nous avons peu d’outils chimiques. C’est d’ailleurs pour cette raison que c’est là que l’on trouve les meilleurs techniciens.

Depuis un peu plus d’un an, le secteur reprend des couleurs, notamment avec les polémiques sur le glyphosate, la loi Duplomb, etc.

The Good : Au-delà du végétal et du bio, vous vous intéressez de longue date à la performance extra-financière de votre entreprise, pourquoi ?

Olivier Clanchin – Nos produits nous amènent à avoir un lien très fort au vivant, et nous sommes aussi très attentifs à économiser l’eau, l’énergie, à limiter nos impacts, à réduire nos emballages… Nous avons installé une éolienne sur notre site végétal depuis 15 ans. Par ailleurs, nous avons instauré des principes de management participatif dès 1998.

Aujourd’hui nous avons adopté un fonctionnement collaboratif, consistant à laisser le plus de capacité de décision à celle ou celui qui sait, ce qui confère une plus grande agilité à l’entreprise. Nous entretenons des valeurs de respect, d’implication et de solidarité. Depuis plus de 10 ans, nos engagements RSE nous valent d’être certifiés ISO 26000.

Dans une entreprise à 100% familiale, ma mission est de transmettre à la prochaine génération. En l’occurrence, à mes trois enfants, qui prévoient de rester dans l’entreprise et siègent au Conseil de surveillance, de même que ma mère.

Sur tous ces sujets, ma participation à la Convention des entreprises pour le climat m’a confirmé que les entreprises ont des choses à dire. À titre personnel, je suis très sensible à la fable du colibri rendue célèbre par Pierre Rabhi.

The Good : Quelle forme prend votre action en matière de philanthropie ?

Olivier Clanchin – Nous avons toujours entretenu une relation de proximité avec notre environnement. Par exemple, nous sommes implantés à 100 mètres de l’église, donc au cœur de la cité, ce qui crée une connexion et nous place dans une logique de responsabilité.

Nous avons toujours accompagné les entreprises de notre écosystème, notamment dans la recherche sur l’agriculture biologique. Il y a une dizaine d’années, nous y consacrions environ 400 000 euros. Depuis une dizaine d’années, nous avons consacré près de 4 millions d’euros à des associations et organismes en faveur de l’environnement et de la biodiversité en reversant 1% du CA de notre marque Vrai.

Ce dispositif permet de faire du consommateur un acteur, en fléchant une partie du chiffre d’affaires qu’il contribue à générer, vers des associations sélectionnées par le comité 1%. Nous soutenons des programmes pluriannuels, menés par exemple par le Fonds pour l’arbre, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) ou Solidarité Paysans, toujours dans une logique de proximité. Mais nous continuons à aider aussi des associations en dehors du 1% pour la Planète, comme Terre de Sources.

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