03/02/2026

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Prêts à impact : une promesse verte encore hors de portée des PME

Les prêts à impact restent l'apanage des grandes groupes, alors que les petites et moyennes entreprises constituent l'essentiel du tissu économique et jouent un rôle majeur dans la transition écologique et sociale du pays.

Sur le papier, l’idée est séduisante : des taux d’intérêt bonifiés accordés à des entreprises en échange d’une amélioration constatée de leurs performances sociales et environnementales.

Selon l’agence d’informations Bloomberg, ces « prêts à impact » avaient enregistré en 2021 une croissance de 244% au niveau mondial, pour un montant global de 747 milliards de dollars.

En France, où ils ont été lancés en 2017, la majorité des acteurs de la finance et des banques en proposent : Crédit Agricole, Caisse d’Épargne, Banque Postale, BNP, Banque Populaire, BPCE, CIC, etc.

Mais jusqu’à présent, ils ont essentiellement bénéficié à des grands groupes. En cause, notamment, des stratégies RSE plus matures. En effet, ces prêts sont essentiellement sollicités par des entreprises réalisant une Déclaration de Performance Extra Financière (DPEF). Pourtant, l’essentiel du tissu économique français se compose de TPE et PME, et nombre d’entre elles mènent des actions de nature à améliorer leurs performances extra-financières. Or, ces prêts sont en réalité accessibles à toute entreprise capable de définir, mesurer et suivre des indicateurs ESG fiables.

Un déficit de communication préjudiciable

Gavy Pentamah, consultant RSE au sein du groupe d’expertise comptable Exponens, estime du ressors de cette profession d’accompagner ses clients dans cette démarche. Mais il constate qu’au sein de son propre cabinet (qui compte près de 500 salariés dont une quarantaine d’associés), peu de ses collègues ont connaissance de ce dispositif.

En cause, sans doute, un déficit de communication de la part des pouvoirs publics mais aussi des banques, peu nombreuses à répondre à ses sollicitations. D’ailleurs, au sein des banques non plus, affirme-t-il, tous les chargés d’affaires ne connaissent pas le prêt à impact.

En face, les chefs d’entreprises, très orientés « business first », n’en ont pas plus connaissance et ne se sentent pas outillés pour instruire les dossiers ad-hoc. Pourtant, Gavy Pentamah observe que les banques qui le pratiquent ont tendance à formater leurs attentes en matière d’indicateurs en fonction de leurs clients.

Le consultant préconise donc d’accompagner ses propres clients dans la structuration de leurs indicateurs et de contacter leur chargé d’affaires pour engager la démarche. Sachant que le différentiel sur le taux d’intérêt peut atteindre 1%, il espère parvenir à les convaincre de faire des prêts à impact leur choix prioritaire.

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