31/03/2026

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750 000 euros d’amende requis contre Nestlé pour des décharges sauvages dans les Vosges

Le 26 mars, le parquet de Nancy a requis 750 000 euros d’amende contre Nestlé pour avoir maintenu des décharges sauvages près de Vittel, sans toutefois retenir la pollution.

La filiale Nestlé Waters Supply Est du géant suisse de l’agro-alimentaire et des eaux en bouteille comparaissait la semaine dernière devant le tribunal correctionnel de Nancy. Il lui est reproché d’avoir laissé à l’abandon depuis au moins dix ans des décharges sauvages constituées de centaines de milliers de mètres cubes de bouteilles d’eau, au point de contaminer les sols et les ressources en eau autour des forages de Contrex et Hépar et de provoquer « une dégradation substantielle de l’environnement » et « une atteinte grave à la santé des personnes ».

Après la découverte par des promeneurs d’une première décharge sauvage de bouteilles en plastique en 2014 près de Vittel, d’autres sont localisées par des associations de protection de l’environnement à Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers.

Soit, au total, plus de 473 000 m3 de déchets plastiques et autres polluants. Alertés, les maires de ces communes saisissent le procureur d’Epinal en 2021 et une enquête préliminaire est confiée au pôle régional environnement de Nancy.

Des concentrations de microplastiques jusqu’à 1,3 million de fois supérieures à celles des lacs et rivières

Selon les enquêteurs, ces déchets stockés sans imperméabilisation des terres auraient occasionné une pollution des sols et des ressources en eau présentant « des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune » et rendant « toute vie aquatique impossible ».

L’Office français de la biodiversité (OFB) a ainsi relevé des « taux exorbitants » de microplastiques dans les sources Hépar et Contrex, avec des concentrations 51 000 à 1,3 million de fois supérieures à celles retrouvées dans des lacs et rivière, et de 5 à 2 952 fois supérieures aux taux moyens dans les nappes phréatiques du monde, selon différentes études.

Pour sa défense, Nestlé, qui n’est entré au capital de la Société des eaux minérales de Vittel qu’en 1969 avant de la racheter totalement en 1992, invoque un héritage du passé.

Mais en 2021, date à laquelle il en a lui-même informé l’État, le groupe avait reconnu connaître l’existence de ces décharges depuis 2014. Le parquet a requis la peine maximale encourue de 750 000 euros pour l’exploitation illégale de ces décharges et demandé que la multinationale soit condamnée à remettre en état les sites concernés.

En revanche, il n’a pas retenu la pollution occasionnée. Le délibéré a été renvoyé au 27 mai.

Nestlé a par ailleurs conclu en 2024 une convention judiciaire d’intérêt public (CJIP) avec le parquet d’Epinal pour un montant de 2 millions d’euros à la suite de deux enquêtes préliminaires, l’une sur des forages illégaux dans la nappe phréatique, l’autre sur le recours à des traitements de purification interdits aux eaux minérales. 

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