Savéol : 40 ans de RSE dans les champs de tomates

Engagée depuis 40 ans dans une agriculture responsable et durable, la marque de Coopérative maraîchère de l’Ouest Savéol nous surprend de ces mille initiatives. Du bio, du recyclable, du social, et puis : une ferme aux insectes. Pour mieux comprendre le marché de la tomate et ses acteurs engagés, on rencontre Pierre-Yves Jestin, Président de la coopérative Savéol.

The Good : Quels sont les enjeux d’éco-responsabilité et d’impact environnemental liés à votre marché et comment y faites-vous face ?

Pierre-Yves Jestin : Ils sont principalement l’énergie, l’emballage recyclable, la gestion des déchets, et la biodiversité (démarche HVE). Si le contexte actuel a fait de la souveraineté alimentaire une question importante, la coopérative Savéol en a fait sa matrice depuis 1962. S’engager pour demain pour une agriculture responsable et positive est le socle qui lie l’ensemble de nos maraîchers depuis la création de la coopérative. Engagée pour la défense des maraîchers français, Savéol est une marque qui fédère ses maraîchers depuis 40 ans et actrice du dynamisme économique et social de son territoire. Un modèle qui séduit chaque année de nouveaux jeunes maraîchers adhérant pleinement aux valeurs de la coopérative et à son regard sur une agroécologie toujours plus engagée. Savéol donne le meilleur de ce que la nature est capable de lui donner en revendiquant avec fierté son engagement pour la planète : développement de la nouvelle gamme 100% carton, agrandissement de son élevage d’insectes Savéol Nature pour des fruits et légumes «Cultivées Sans Pesticides », 40 ans de RSE, 100% des maraîchers en tomates de la coopérative certifiés HVE.

Côté packaging, Savéol dispose d’une gamme 100% carton, 100% recyclable. C’est une première en France sur le marché des tomates cerises ! La Coopérative répond ainsi à une préoccupation forte des distributeurs et des consommateurs, tout en continuant à améliorer l’empreinte environnementale de ses activités. Parfaitement consciente de l’enjeu de la pollution, Savéol travaille à l’écoconception des emballages depuis plusieurs années maintenant. La Coopérative franchit, en 2021, une étape décisive en conditionnant sa gamme de tomates « Cultivées Sans Pesticides » et sa fraise Label Rouge dans des barquettes 100% carton certifié FSC issu de forêts gérées durablement. Ces dernières sont 100% recyclables en adoptant un geste de tri simple : la poubelle jaune.

Enfin, en 2021, 100% des maraîchers en tomates de la coopérative sont certifiés HVE. Cette certification, portée par le ministère de l’agriculture et soutenue par les ONG et la grande distribution, est proposée à l’ensemble des exploitations agricoles en France avec 4 objectifs : la protection de la biodiversité (haies, prairies, mares) , la stratégie phytosanitaire (utilisation de méthodes alternatives à la lutte chimique : piégeage, auxiliaires), gestion de la fertilisation (pilotage informatique des apports en nutriments pour apporter à la plante juste ce dont elle a besoin et éviter le gaspillage) et la gestion de la ressource en eau (utilisation d’outils d’aide à la décision, goutte à goutte, recyclage des eaux d’irrigation,…).

The Good : Quel a été pour la coopérative Savéol le point de bascule permettant de réorganiser sa production et stratégie en ce sens ?

P-Y. J. : C’est avant tout la prise de conscience d’une évolution forte des attentes sociétales, bien que la RSE soit dans l’ADN de la coopérative depuis toujours. Cela a notamment induit un investissement dans les machines pour répondre aux spécificités des nouveaux emballages ; un accompagnement plus poussé des producteurs sur les bonnes pratiques ; ainsi qu’une série de formations des équipes dans les stations pour répondre au cahier des charges de nos nouveaux engagements.

The Good : Pour agir concrètement en matière de valorisation de la biodiversité, vous avez créé une Ferme aux Insectes : pouvez-vous nous en dire plus sur cette entreprise innovante ? 

P-Y. J. : La Ferme aux Insectes Savéol Nature est une initiative permettant de valoriser la protection et pollinisation des cultures, ainsi que la pédagogie via un parcours ouvert au grand public. Grâce à elle, Savéol produit les auxiliaires nécessaires à la protection biologique intégrée. En 2020, la coopérative a élevé 10 millions de punaises prédatrices et 130 millions de micro-guêpes parasites qui protègent les cultures contre les ravageurs. Le projet d’extension de Savéol Nature est toujours en cours. Les travaux ont démarré fin janvier et devraient s’achever cet été. L’agrandissement porte sur 1 200 m2 supplémentaires, dont 1 000 m2 en production et 200 m2 en recherche et développement.

Malgré le Covid-19, des formations d’apprentissage à la protection biologique intégrée sont toujours dispensées aux salariés de serre, sur le terrain, par les conseillers PBI du service technique de la coopérative. Savéol Nature est également un site pédagogique pour les professionnels et un lieu de découverte pour le grand public via la Ferme aux insectes.

Pour aller plus loin, Savéol est également partenaire de plusieurs programmes nationaux de recherche, aux côtés d’organismes officiels comme l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra) et le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes (CTIFL). Ces collaborations permettent notamment de travailler sur l’optimisation de la lutte biologique ainsi que sur la valorisation de la biodiversité des serres. De plus, la coopérative vient de formaliser une collaboration avec l’Association d’Organisations de Producteurs nationale Fraises de France (AOPn). Elle débouche sur la création d’une structure indépendante commune : Frais’Nat accueillie dans les locaux de Savéol Nature, qui va se spécialiser dans la recherche et le développement de nouveaux auxiliaires et techniques naturelles de protection spécifiques à la culture de fraises.

The Good : Parce que la transition écologique est aussi sociale et solidaire, Savéol s’engage pour la défense des maraîchers français. A quels enjeux font-ils face et que faire ? 

P-Y. J. : L’enjeu majeur est sans doute la distorsion de la concurrence vs les pays du Sud (coût du travail, réglementation…) : un combat dans lequel nous les accompagnons via un travail de proximité avec nos élus pour partager les problématiques; une collaboration étroite avec les distributeurs pour valoriser l’origine France, ou encore un accompagnement personnalisé des maraîchers dans les installations et la valorisation des métiers du maraîchage par la communication. 

Camille Lingre
Journaliste, ex rédac chef de The Good. Diplômée d’un Master en communication et journalisme, elle commence en agence de publicité chez DDB Paris puis intègre la rédaction d’INfluencia en 2017 et passe rédactrice en chef de The Good à son lanncement. Passionnée de littérature et engagée dans les luttes pour la justice sociale et la reconnaissance des minorités, elle est quitte en mai 2021 sa fonction de rédactrice en chef pour se consacrer au lancement de sa librairie.

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