Les données portent sur la période 2022-2023 et concernent 72 substances actives. Environ un tiers apparaît dans les mesures. Une sur huit atteint des niveaux mesurables. Ces concentrations restent faibles, mais leur présence concerne l’ensemble du pays.
Certaines régions atteignent ponctuellement les niveaux les plus élevés observés. Ces pics varient selon les saisons et les usages agricoles. Les périodes d’épandage influencent fortement les résultats.
Un état des lieux qui ne mesure pas le risque sanitaire
La carte ne donne pas une évaluation du danger pour la santé. Elle sert surtout à mieux comprendre le phénomène. Aujourd’hui, aucune norme ne définit un seuil acceptable pour les pesticides dans l’air. Cette absence de cadre rend difficile toute interprétation sanitaire.
Plusieurs substances connues apparaissent régulièrement. Le glyphosate figure parmi les plus fréquentes. Les niveaux mesurés restent très faibles, mais cette molécule est classée comme cancérogène probable par le CIRC, une agence liée à l’OMS. L’Ansès se montre plus prudente et recommande un examen de cette classification par l’Agence européenne des produits chimiques.
Pendant ce temps on usage du glyphosate se poursuit en agriculture.
D’autres résultats interrogent davantage. Le lindane, interdit depuis plus de vingt ans, reste détecté dans une majorité des prélèvements. Ce produit persistant continue donc de circuler dans l’environnement. Il témoigne d’une pollution ancienne qui ne disparaît pas.
On retrouve aussi le folpel, utilisé dans les vignobles, et le prosulfocarbe, un herbicide très volatil. Ces substances illustrent le lien direct entre pratiques agricoles et qualité de l’air.
Repérer les mesures inhabituelles et permettre aux décideurs d’agir
La carte propose des indicateurs simples. Elle permet de comparer les niveaux entre territoires et aide à repérer des situations inhabituelles. L’objectif reste clair : donner aux décideurs des éléments pour agir.
Ce travail met en lumière un angle encore peu traité. La pollution de l’air ne se limite pas aux particules fines, les pesticides en font aussi partie. Mais leur encadrement reste encore largement à construire.