Les 7 transitions de l’année 2022

Prévoir l’avenir est un exercice toujours compliqué. Et avoir créé une agence spécialisée sur les enjeux du Développement Durable en 2009 est bien la preuve – selon ses dires –  qu’il anticipe parfois un peu trop. Peut-être un excès d’optimisme. Thomas Parouty, fondateur de Mieux vous partage quelques signaux faibles ou forts perçus en 2021 et qui vont s’accélérer cette année ou plus tard… en tout cas, le plus vite possible pour lui.

1. La sensibilisation des salariés au Développement Durable

Tout le monde le sait, les entreprises doivent se réinventer pour imaginer de nouveaux modèles d’affaires compatibles avec les enjeux climatiques. Sous l’impulsion du codir, seuls les salariés pourront transformer leur propre entreprise, imaginer des modèles plus circulaires, réduire leur empreinte carbone…

En 2022, les entreprises redoubleront d’efforts pour leur expliquer la situation climatique et leurs réponses (d’où l’émergence de MOOC, de « Semaines du DD », de Fresques du Climat ou de Fresques amies : alimentation, construction, numérique… demain finance et mode) pour les embarquer dans l’éco-socio-innovation (ateliers d’intelligence collective, hackathons…).

Cela demandera aussi de mobiliser les fournisseurs et les clients car avec eux, on réfléchit mieux (plateforme de co-création…).

2. La décarbonation corporate et produit

Le carbone est déjà un critère de choix des consommateurs : offres à base de matières recyclées, recyclables, occasion, réparation, refus du suremballage, préférence du local…

En 2022, tous les secteurs continueront à lancer des offres décarbonées, que ce soit dans l’alimentaire, le textile, le bâtiment ou la finance… L’exercice de communication est sensible car la « compensation » ne se substitue pas à l’effort de réduction ou d’évitement et les utilisateurs devront être impliqués. Donc, attention au « neutre en carbone », trop vite exprimé, alors qu’il faudrait valoriser les autres efforts accomplis.

3. Le Développement Durable dans tous les spots de pub

Depuis 10 ans, la RSE s’explique avec pédagogie et le digital est logiquement son média de prédilection. En 2022, la communication va aller chercher de la puissance par la publicité dans les grands médias. Mais le greenwashing risque d’être plus présent (en 2021, il est déjà reparti à la hausse) car les marques se risquent à la surenchère et car les communicants (des marques et des agences) ne sont pas formés. Pourtant, l’EpE, l’Ademe, l’Union des Marques, l’Adetem et bien d’autres publient des guides pour expliquer comment mieux communiquer.

Une publicité qui pousse vers plus de DD permettra de créer un nouvel imaginaire de la consommation, de nouvelles belles histoires à raconter et des offres responsables désirables et désirées.

4. Les RNB, plus fortes que les DVNB.

Les Responsible Native Brands arrivent à créer de nouvelles préférences et inspirent les grandes marques. Bonne nouvelle. C’est plus facile (quoique…) de créer de nouvelles offres quand on se lance. Je suis persuadé que 2022 va voir émerger des premières solutions de rupture éco-innovantes, qui vont convaincre de grands groupes de tordre leur business model, sous peine de perdre des parts de marché au profit de ces jeunes révolutionnaires talentueux.

5. Le social et la biodiversité, enfin

Se mettre des contraintes Carbone, dans ses activités est un préambule nécessaire. On connaît les choix à faire mais l’année 2022 devra permettre de rajouter de l’inclusion dans nos décisions. Personnellement, j’aime beaucoup le café bio équitable de Café Joyeux.

On parle de plus en plus de biodiversité mais reporter les COP Biodiversité ne va pas empêcher les entreprises de s’engager plus fortement dans la préservation de la flore, de la faune, des océans. Idem, depuis 10 ans, le biomimétisme étonne, intrigue, intéresse. L’année 2022 va permettre aux entreprises de se questionner sur leur utilisation des ressources vivantes, voire de repenser leur écosystème comme un écosystème vivant… comme une permaentreprise.

6. La mutation des métiers

Ceci n’est pas une prédiction mais une nécessité urgente. Tous les acteurs de l’entreprise doivent transitionner. Sont déjà apparus des responsables de la finance durable, de l’économie circulaire ou de l’éco-conception, des acheteurs décarbonation, des chief mission officers, leader planet… en plus d’équipes auto-désignées en charge du climat ou de l’animation de Fresques.

En 2022, toutes les fonctions doivent devenir responsables : comptable extra-financier, marketing offre durable, logistique douce, acheteur d’occasion ou inclusif, responsable zéro déchet ou de la pédagogie climatique…

7. Chacun sa raison d’être et ses missions

Les entreprises françaises ont la chance, grâce à la loi Pacte, de pouvoir se doter d’une raison d’être et de devenir Entreprise à mission. C’est une fabuleuse opportunité de créer un cadre pour tous, un référentiel de valeurs, qui permet de valider ou pas, chaque décision du codir, des managers et des collaborateurs. C’est un véritable plaisir de s’y référer, tous les jours. Les « Go / No Go » sont facilités, justifiés. En 2022, les raisons d’être et les missions vont donner une envie supplémentaire de se lever chaque matin pour être un réel acteur de la transition sociale et environnementale.

Mes prédictions pour 2022, vous l’aurez compris aussi, sont aussi des souhaits que je formule ici. Car il faut absolument ac-cé-lé-rer. La présidentielle de 2022 risque de faire (encore) l’impasse sur les enjeux Climat. C’est terriblement regrettable. La conséquence directe est que ce sont les entreprises qui vont prendre la pression. Heureusement, les salariés, les actionnaires, les clients sont prêts.

Je vous souhaite une année très impactante.

Thomas Parouty, fondateur de l’agence Mieux.

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