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    Greenweez : “Nous nous définissons comme des « engagés pas parfaits »”

    800 000 clients et une croissance qui ne subit aucunement la crise, Greenweez, première plateforme e-commerce BIO en Europe (Groupe Carrefour) nous livre ses enseignements sur la transformation du rapport à la consommation, à la fois bio et en ligne. Un an après l’arrivée de la Covid-19, on fait le point avec Romain Roy, dirigeant et fondateur engagé de Greenweez.

    The Good : Des chiffres marquants et encourageants liés au marché du bio et à la plateforme Greenweez à nous communiquer ?

    Romain Roy : Le marché du Bio ne cesse de croître, les derniers chiffres en ma possession laissent apparaître, cette année encore, des niveaux de croissance bien supérieurs à ceux de l’alimentaire traditionnel. Concernant Greenweez, nous communiquerons prochainement sur nos chiffres 2020, mais l’an dernier, notre chiffre d’affaires en Europe s’établissait déjà à plus de 65 millions d’euros, et nous avons connu cette année l’une de nos plus fortes croissances historiques.

    The Good : Quelles conclusions ou analyses pouvons-nous tirer de l’explosion des chiffres du bio pendant la période Covid-19 ?

    R.R. : À chaque fois que se produit une crise sanitaire, on constate un regain d’appétence pour les produits Bio dans la population. Cela a été le cas pendant la crise du SRAS en Asie en 2003, ou encore au moment du scandale du lait infantile contaminé à la mélamine en 2008 en Chine. Les produits Bio sont identifiés, à juste titre, comme étant plus sains et potentiellement moins porteurs de produits toxiques et il est donc assez naturel que cette dimension « santé » attire de nouveaux clients au moment des crises sanitaires. Cela représente également un défi pour l’ensemble de la filière Bio qui doit se donner les moyens de nourrir plus de monde tout en restant ferme sur ses principes et ses fondamentaux, en étant capable notamment de proposer des produits à des prix acceptables par tous les consommateurs et de renforcer ses capacités de production. De façon plus générale, il faut amener la population à consommer autrement, pas uniquement en maintenant son niveau de consommation de produits finis et en les substituant par des produits Bio, mais en adoptant peu à peu de nouveaux comportements, comme une plus grande consommation de produits bruts ou encore des adaptations sur nos régimes alimentaires.

    The Good : Au regard de vos ventes, comment consomme-t-on sur une plateforme comme Greenweez ? Un top 5 des typologies de produits les plus achetés ?

    R.R. : De par la largeur de notre offre, qui compte plus de 15 000 références et couvre tous les univers de consommation, même si il est vrai que l’alimentaire représente une part importante de nos ventes, nos clients achètent sur Greenweez des produits très variés et toutes les catégories sont en forte croissance. Ceci étant dit, tout ce qui concerne l’enfant (lait infantile, couches, produits de puériculture), l’épicerie au sens large (farines, fruits secs, etc.) avec notamment une demande de plus en plus forte sur les grands formats, et enfin les produits avec une logique de zéro déchet sont des univers qui surperforment particulièrement.  

    The Good : La vente en ligne et bio rencontre-t-elle des obstacles particuliers liés à l’acheminement, la consommation, le parcours d’achat ? Quelles solutions ?

    R.R. : Nous avons créé Greenweez il y a 12 ans maintenant avec une conviction profonde, qu’il était possible de construire un distributeur de produits sains capable de devenir un leader européen, avec un socle éthique fort et une autre façon de faire du business, plus respectueuse des hommes et de l’environnement. Le défi pour nous est donc permanent, notamment sur notre capacité à optimiser au maximum notre activité sur la dimension RSE. Nous avons basculé toutes nos livraisons chez un transporteur qui nous coûte plus cher mais qui livre déjà tous nos clients franciliens en véhicules électriques, et d’ici à 2021 une immense partie de nos clients français. De la même façon, nous basculons cette année enfin, après plusieurs années de recherche et de tâtonnements vers une logistique « zéro plastique », grâce entre autre à un calage révolutionnaire et 100% écologique qui nous permet de garder le même niveau de fiabilité et de résistance de nos colis, même remplis de bouteilles en verre.

    The Good : Dans la course à la labellisation ( B-Corp etc) qui permet de faire la différence sur un marché du Good de plus en plus concurrentiel, où vous situez-vous ?

    R.R. : Très honnêtement, nous ne cherchons pas particulièrement à « faire la différence » sur ces thématiques. L’idée pour nous est plutôt de rester fidèle à nos engagements. Nous ne nous posons pas en donneurs de leçons, nous nous définissons comme des « engagés pas parfaits », nous savons que nous pouvons toujours progresser. Nous avons beaucoup appris au cours de ces 12 années auprès de nos clients et de nos fournisseurs. Pour que nos clients, mais aussi nos équipes, puissent visualiser nos engagements et nos progrès, nous utilisons des plateformes comme Zei. Nous avons regardé BCorp, mais le fait que nous ayons des filiales importantes dans plusieurs pays rendait notre labellisation beaucoup trop complexe et chronophage et nous avons préféré nous concentrer plutôt sur nos actes.

    The Good : Face au succès de votre offre, quels sont vos enjeux et intentions pour 2021 ? Des objectifs chiffrés ?

    R.R. : J’en ai évoqué certains précédemment : avoir une logistique définitivement « zéro plastique » dès cette année, des livraisons exclusivement en véhicules électriques. Mais nous aspirons également en 2021 à élargir notre spectre d’activités, notamment en diversifiant encore plus nos catégories produits et en faisant passer notre offre produits de 15000 à plus de 100000 références cette année. Tout cela, bien sûr, en continuant à placer l’épanouissement de nos équipes et la RSE au centre de notre modèle économique.

    Camille Lingre
    Rédactrice en Chef The Good. Diplômée d’un Master en communication et journalisme, elle commence en agence de publicité chez DDB Paris puis intègre la rédaction d’INfluencia en 2017 et passe rédactrice en chef adjointe en 2020. Passionnée de littérature et engagée dans les luttes pour la justice sociale et la reconnaissance des minorités, elle est co-fondatrice d’une club de lecture et podcast féministe et membre de l’association de journalistes AJL.

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