27/01/2026

Temps de lecture : 3 min

« En 2026, la priorité, c’est que la RSE soit intégrée au business », Hélène Valade (groupe LVMH, Observatoire de la RSE)

Fin des incantations, fin des postures. Dans un contexte de backlash écologique et de tensions multiples, Hélène Valade appelle à une RSE de progrès : concrète, désidéologisée et pleinement ancrée dans les modèles économiques. Celle qui crée de la valeur, sécurise les chaînes d’approvisionnement et produit enfin des résultats visibles.

Backlash écologique, tensions géopolitiques, fatigue des discours : la RSE traverse un moment de bascule.

Pour Hélène Valade, directrice développement environnement du groupe LVMH et présidente de l’Observatoire de la RSE (ORSE), 2026 marque la fin d’une RSE de postures et le début d’une transformation plus mature, ancrée dans le réel et dans le business.

Dans cet entretien, elle défend une RSE de progrès, désidéologisée et créatrice de valeur, capable de produire des résultats mesurables sans renoncer à la désirabilité.

Matières premières, IA, attentes de la Gen Z, biodiversité : pour The Good, elle trace un cap clair pour les entreprises qui ont compris que le dérèglement climatique n’est pas sur pause et que la crédibilité se joue désormais dans l’action.

Le 6 janvier dernier, Maison Château Galoupet (groupe LVMH), Cru Classé Côtes de Provence, annonce l’obtention de la certification Regenerative Organic Certified® (ROC™), délivrée par la Regenerative Organic Alliance (ROA).

The Good : 2026 marque-t-elle, selon vous, la fin des discours RSE et le début d’une vraie transformation des modèles économiques ?

Hélène Valade : Autrement dit : comment passe-t-on concrètement de l’engagement affiché à l’impact mesurable, sans perdre en désirabilité ?

2026, c’est incontestablement la fin d’une certaine RSE : celle du Y’a qu’à faut qu’on, du manichéisme et de la stigmatisation. 2026, c’est aussi le triomphe d’une RSE désidéologisée, plus discrète, mais qui commence à engranger de vrais résultats.

C’est elle qui est à l’œuvre depuis bien des années dans les entreprises qui aujourd’hui gardent le cap, malgré les paradoxes en tout genre de la période : une RSE de progrès, qui se donne la capacité industrielle de l’action ; une RSE concrète qui s’ancre dans le business ; une RSE qui va chercher l’acceptabilité sociale des nouveaux produits ou services ; une RSE de la mutualisation des moyens, qui ose des partenariats public-privé au plus près des réalités territoriales.

À l’invitation d’Antoine Arnault, Image et Environnement chez LVMH, et d’Hélène Valade, Directrice Développement Environnement chez LVMH, le Groupe a remis les « LIFE 360 Awards » mercredi 10 décembre 2025 à Paris. Cette cérémonie a distingué 13 initiatives lauréates, sélectionnées parmi 187 soumises par 41 Maisons du groupe, qui illustrent de manière concrète la transformation environnementale engagée par LVMH. 

The Good : Dans un contexte de backlash écologique et de tensions géopolitiques, quels sont les risques majeurs que les entreprises doivent absolument anticiper en 2026 ?

Hélène Valade : Et lesquels sont encore sous-estimés aujourd’hui par les directions générales ?

Il y a le risque du renoncement, chez certains acteurs qui se rendent compte de la difficulté de tenir des engagements un peu rapidement pris et qui légitiment leur revirement par le backslash ambiant.

Et pour ceux qui continuent d’avancer parce qu’ils ont compris que le dérèglement climatique n’est pas sur pause, en effet les risques que doivent gérer les feuilles de route RSE se densifient. Mais ce sont aussi des opportunités.

Et j’en priorise trois : le risque sur les matières premières (impact du climat sur les chaines d’approvisionnement, et donc sur les prix) ; le sujet de l’IA, autant une opportunité pour la RSE que de nouveaux risques, notamment sur les ressources en eau et l’énergie ; enfin, les attentes des clients, notamment de la GenZ : car derrière le recentrage sur le pouvoir d’achat, il y a aussi l’attente de produits qui ont intégré les exigences d’une fabrication respectueuse des droits humains et de l’environnement.

C’est un nouveau contrat de confiance implicite que les clients, interne comme externe, demandent.

Chaque année, le Dîner des Maisons engagées du groupe LVMH permet de lever des fonds au bénéfice de l’hôpital Hôpital Robert-Debré et des associations Marcher ses Rêves et Un Rien C’est Tout. Lors du Dîner des Maisons engagées, une cérémonie de remise de Prix est également venue saluer l’engagement des Maisons en matière de diversité et d’inclusion avec les LVMH Inclusion Awards.

The Good : Si vous deviez donner un cap clair aux entreprises pour 2026, quelle serait la priorité absolue : climat, biodiversité, social, gouvernance… ou la cohérence d’ensemble ?

Hélène Valade : Et qu’est-ce qui, selon vous, fera la différence entre celles qui avanceront vraiment et les autres ?

La priorité, c’est que la RSE soit intégrée au business. Autrement dit, qu’elle créée de la valeur.

Pour cela, il est important de prioriser les sujets dont les résultats sont rapidement visibles, pour mobiliser, amplifier, passer à l’échelle. La biodiversité, qui est la racine même de toutes nos chaines de valeur, en fait partie. Agir sur la biodiversité permet d’obtenir des résultats visibles en 3-4 ans.

Derrière il y a, l’évolution des pratiques agricoles, des paysages préservés pour l’industrie du tourisme, de nouvelles offres pour l’ensemble des acteurs de la ville. Pour tous, la pérennisation des chaines d’approvisionnement.

Et le plaisir, aussi. Celui de voir et d’entendre un patrimoine environnemental préservé.

Hélène Valade (au centre) aux voeux de l’Observatoire de la RSE le 14 janvier dernier à l’Unesco à Paris.

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Hélène Valade interviendra à la troisième édition du The Good Forum Luxe Durable à Paris le 5 février 2026 matin. Découvrez le programme ici : https://www.thegood.fr/decouvrez-le-programme-du-the-good-forum-luxe-durable-le-5-fevrier-2026/

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