Emballages plastique : qu’attendent les marques pour s’en séparer ?!

Passé le premier anniversaire de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, sa phase finale approche enfin. Tandis que la Commission européenne doit bientôt adopter des lignes directrices sur ce que signifient en pratique les dispositions concernant les plastiques à usage unique,  les discussions autour de la Convention Citoyenne pour le Climat continuent et les prochaines semaines seront déterminantes pour les secteurs de l’emballage et de la gestion des déchets. Qu’en pensent les Français et comment se plient-ils au changement ? Tipa fait le point en étude via Ipsos.Digital et visiblement, les consommateurs attendent les entreprises au garde à vous. 

otées en lecture définitive à l’Assemblée nationale et au Sénat à l’unanimité le 30 janvier 2020, les premières obligations liées à la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire entrent officiellement en vigueur depuis trois semaines seulement. Avec en ligne de mire une pays zéro plastique jetable d’ici à 2040, le rétroplanning s’avère chargé. Au menu des mesures prises pour 2021 : l’interdiction de distribuer gratuitement des bouteilles en plastique dans les établissements recevant du public ou dans les locaux professionnels ; idem pour l’utilisation de bouteilles en plastique imposée par les sponsors lors d’évènements festifs ; les confettis en plastique et les boîtes en polystyrène expansé seront interdits ; des bacs de tri devront être installés dans les supermarchés pour collecter les emballages achetés après passage en caisse ; le fabrication et l’importation de sacs en plastique à usage unique sera interdite. Côté pub, le dépôt d’imprimés publicitaires sur les véhicules est interdit, ainsi que la distribution de cadeaux non sollicités à visées commerciales dans les boîtes aux lettres. La loi prévoit également de tendre vers l’objectif de 100 % de plastique recyclé d’ici le 1er janvier 2025. 

Au-delà des textes et mesures, c’est la mise en application réelle qui nous intéresse. Si les politiques bougent enfin, qu’en pensent les citoyens ? En épluchant l’étude réalisée par Tipa, on apprend que 90 % des Français considèrent les emballages compostables comme une alternative saine et écologique aux emballages plastiques conventionnels, 89% pensent que davantage de nourriture devrait être emballée dans des emballages compostables plutôt qu’en plastique et que 88 % sont prêts à intégrer ou intègrent déjà des emballages compostables dans leur compost domestique ou collectif. 93% trient assidûment et 45% compostent même déjà leurs déchets alimentaires ou organiques ! Seule inquiétude à l’horizon, la gestion Covid-19 x emballages : 76% des Français s’inquiètent de l’augmentation des déchets plastiques lors des périodes de confinement et de leur impact sur l’environnement. La majorité des consommateurs français ne sont pas satisfaits des efforts déployés par les marques pour réduire la quantité d’emballages autour de leurs produits. Sur une échelle de satisfaction de 1 à 10, les répondants n’ont donné qu’une note moyenne de 3,9. À une question similaire posée en 2018, 83% des personnes interrogées ont reconnu que le secteur de la distribution ne faisait pas assez pour lutter contre le problème des déchets plastiques.

Ce qu’on en retient : les Français sont prêts, et attendent des marques qu’elles agissent pour adapter leur offre. Encore une fois, c’est le monde citoyen qui pousse l’industriel à repenser ses méthodes de production pour une consommation plus Good. Si les lois et leur mise en application permettent une régulation nécessaire de l’utilisation de matériaux polluants, l’impact du plastique n’est plus un secret pour personne et les consommateurs attendent que les entreprises endossent leur RSE sans plus attendre. Algopack, Notpla, Abeego, Weewrap, Hanabi, Nuatan, Paké, Greenweez et j’en passe : les alternatives au plastique sont nombreuses, non-exhaustives et doivent inspirer les acteurs de l’emballage à oser se réinventer. Et si ces entreprises aux portefeuilles pourtant bien garnis évoquent la question du coût d’un tel virage, rappelons seulement que 65 % des Français sont prêts à payer plus cher pour des produits emballés dans des emballages compostables, et que dans une dynamique qui rime avec durable, l’aspect économique ne peut se mesurer seul, sans l’aspect social, et environnemental. 

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