Du four au briquet solaire, le soleil français étincelle grâce à Solar Brother

Rissoler ses légumes, cuire sa pizza et allumer sa cigarette n’auront bientôt plus besoin d’énergie fossile. C’est en tout cas le rêve d’une jeune pousse française, trois fois lauréate du concours Lépine, qui a su s’imposer comme la première marque d’équipement solaire grand public d’Europe. Avec son cuiseur pliable et son barbecue géant, Solar Brother chatoie un secteur trop longtemps négligé par les industriels.

Le soleil est la source de toutes les énergies. C’est grâce à cette boule de feu thermonucléaire que la lumière et la chaleur existent, permettant d’obtenir de l’eau à l’état liquide et des végétaux dont la photosynthèse permet notre respiration. C’est aussi grâce à lui que les cycles de l’eau et des vents se produisent, que les énergies fossiles ont été cuites par la géothermie et que les marées, sous l’action d’une Lune née des étoiles, forment et déforment les océans. C’est en partant de  cette conscience métaphysique que des entrepreneurs comme Gilles Gallo, fondateur de Solar Brother, ont su persévérer dans leur passion pour l’énergie solaire et les renouvelables.

Cuiseur, four, barbecue, briquet, allume-feu, pyrograveur… 

Car avant le succès de sa jeune pousse primée par les médias, le fondateur de Solar Brother a perdu quelques batailles. Notamment celle de son entreprise dédiée à la fabrication industrielle de four solaire, qui après douze ans d’activité, a dû fermer. La raison, des investisseurs de moins en moins sensibles aux énergies renouvelables, qui se sont vite tournés vers un internet en explosion et du pétrole non conventionnel. Mais Gilles Gallo ne s’est pas découragé. Il a vite remonté une petite structure avec son stagiaire ingénieur de l’époque pour fabriquer des produits destinés non plus aux industriels, mais aux particuliers et aux artisans. L’entreprise commence par un cuiseur pliable doté de réflecteurs qui concentrent la chaleur des rayons sur une casserole noire absorbante. Ça chauffe à 200°C et cuit des aliments presque aussi vite qu’un four traditionnel. Ils en fabriquent une version pour enfants, et appliquent leur technologie solaire sur un four à miroirs, un barbecue à réflecteurs paraboliques, des briquets, un allume-feu pour camping, un pyrograveur, etc. 

110 000 objets solaires vendus

À chaque innovation, c’est la concentration des rayons solaires sur un point de focal qui permet d’obtenir de hautes chaleurs. Cette technique du solaire concentré, aussi appelé solaire thermique, est relativement low-tech en ce qu’elle exploite directement le rayonnement solaire sans besoin de ressources ou d’énergies supplémentaires. Elle est donc différente du photovoltaïque, qui produit de l’énergie électrique pour alimenter des machines, avec une certaine voracité en métaux et une question d’obsolescence et de recyclage non négligeable. Convaincu de la pertinence du solaire concentré, Solar Brother gagne par trois fois le concours Lépine des meilleures inventions, et lève en septembre 2021, 500 000 €. Avec un large réseau de points de vente (Au Vieux Campeur, Nature & Découvertes, etc.) ses produits solaires rencontrent un vif succès en France, et plus largement en Europe. Fin 2021, plus de 120 000 objets solaires ont été vendus d’après la jeune entreprise. À noter que l’ensemble des produits sont fabriqués en France, à partir de plastique en partie recyclé, et dont les plans sont en open source.

Conquérir le marché américain 

Avec sa dernière levée de fonds, Solar Brother voit grand. L’entreprise veut évidemment conforter son essor en France et poursuivre son déploiement en Europe, mais aussi conquérir les marchés américain et japonais, les plus matures pour ce genre de technologie. L’ambition est là : devenir la première marque internationale en équipement solaire grand public. Un espoir chaque jour plus concret face à la crise écologique, qui révèle en creux les faiblesses de notre système énergétique et l’appétence pour une énergie simple, gratuite et accessible. Face à la hausse continue du prix de l’énergie, le développement du solaire concentré ne peut que prendre du gallon. Et notamment au sud de l’hexagone avec ses 300 jours moyens d’ensoleillement par an. Une lumière telle que le restaurant le Présage, situé dans le XIIIe arrondissement de Marseille, cuisine toute l’année à l’énergie solaire.

Romain Salas
Journaliste. Après une licence de droit à la Sorbonne et un master en médias et communication au CELSA, Romain tombe dans les charmes du journalisme et de l'écriture. Avec un tropisme fort pour l’écologie et la justice sociale, il imprègne dans ses choix éditoriaux un parfum d'engagement à la mesure des urgences de notre temps.

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