Crédit à impact : une avancée fondamentale dans les stratégies RSE des entreprises

Depuis plusieurs mois, les marchés financiers s’agitent atour du crédit à impact. En 2019, la taille globale du marché des crédits à impact a triplé par rapport à 2018 pour s’inscrire dans une fourchette comprise entre 110 et 130 milliards d’euros* et les lignes de crédit bancaire « à impact » affichent une hausse de 61 %. Levier immanquable à activer dans les stratégies RSE des entreprises, coup d’oeil sur le phénomène.

RSE, RSM, engagement et transition écologique : toutes les entreprises s’y mettent. Fer de lance de la reconstruction du paysage entrepreneurial vers des modes de production plus sains et plus durables, les stratégies budgets et investissement en faveur de l’environnement et du social fleurissent, pour le mieux. Parmi les leviers à activer et les armes à adopter, le crédit à impact semble faire son effet. En 2019, le nombre d’entreprises ayant souscrit ce type de crédit a progressé de 81 %**. Et pour cause, ce type de financement présente des avantages sans précédents. Contrairement aux plus connus « Green Bonds » (emprunt obligataire émis sur les marchés financiers par une entreprise ou une entité publique pour financer des projets contribuant à la transition écologique), le crédit à impact se veut accessible, peut importe la taille ou fonction de l’entreprise. Comme l’expliquait Etienne Oberthür, responsable du financement de la Société du Grand Paris, sur le salon Produrable, « le crédit à impact est ouvert à tous, mêmes pour les mauvais élèves de la RSE qui sont prêts à sauter dans un premier temps 1m20 et pas forcément 2m ». Deuxième avantage, ce nouveau mécanisme de financement durable est de rendre plus concret la trajectoire RSE de l’entreprise et récompenser ses comportements vertueux. Ainsi, si les objectifs RSE annoncés d’une entreprise sont atteints, le crédit à impact verra ses tarifs à la baisse, puisque le taux emprunteur est indicé avec un bonus-malus dans une limite de 5 à 10 points de base selon les objectifs. 

Au delà de son aspect accessible et compétitif, il permet une meilleure lisibilité RSE à long terme de l’entreprise, grâce à la mise en place de critères clairs sur les marchés financiers ESG (critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance qui permettent l’analyse extra-financière d’une entreprise). Enfin, en faisant travailler main dans la main la direction financière avec la direction RSE et la direction RH -moteur d’une RSE plus participative avec les salariés-, le crédit à impact mobilise l’interne et appelle à croiser les expertises autour d’une dynamique forte de transition écologique fédératrice.

Mais si tous ces éléments mettent l’eau à la bouche, un testé-approuvé est de rigueur. Pour en parler, deux témoignages concrets. Chez Seché Environnement, entreprise spécialisée dans la valorisation et le traitement des déchets en France et à l’international, c’est la coquette somme de 270 millions d’euros de ligne de crédit à impact qui a été signée avec Société Générale et Natixis. « Le crédit à impact nous a permis de crédibiliser notre démarche RSE en interne et inscrire notre vision dans la durée », déclare sans contrefaçon, Elise Bourmeau Directrice du Développement Durable et des Relations Institutionnelles de Seché Environnement. « Nous avions choisi trois indicateurs de performance extra financières à savoir maintenir des taux d’autosuffisance énergétique élevés des sites, ensuite préserver la biodiversité avec 18 sites engagés, et dernier point évaluer la performance extra-financière globale ESG. Les bonnes performances RSE sur 2 ans nous ont permis d’obtenir des bonus avantageux pour notre ligne de crédit ». 

De son côté et dans une dynamique tout aussi transparente et sincère, Domingos Antunes Directeur des financements chez Décathlon confie, « notre ligne de crédit à impact nous apporte de la matérialité dans nos actions RSE et nous permet de travailler en cascade vers la logistique, la production mais aussi en impliquant la responsabilité de tous nos fournisseurs ». Concrètement ? « Dans notre ligne de crédit ESG de 125 millions d’euros nous avions choisi : la satisfaction des collaborateurs, (un taux très élevé de 87%), la satisfaction des utilisateurs sportifs, la mesure de la responsabilité humaine en production des fournisseurs, la mesure de la responsabilité environnementale des fournisseurs, et la réduction de l’intensité des émissions de CO2 par produit vendu. Sur ce dernier indicateur nous étions très en retard ». 

Le boom actuel des crédits à impact témoigne d’un engagement fort et collaboratif du monde de la finance vers les entreprises. Et si la bonne stratégie d’impact était aussi de s’appuyer sur la finance verte comme un formidable levier d’accélération de transformations structurelles visibles et durables ?  

*Refinitiv
**Ethifinance

Laurent Lafite
Expert en transformation digitale et environnementale depuis 20 ans. Spécialiste du marketing de rupture, des GreenTech et du développement durable, il est le fondateur de TransfoGreen et accompagne les entreprises dans leur transformation RSE.

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