17/03/2026

Temps de lecture : 2 min

CAC 40 : plus de femmes mais toujours pas au sommet

Si les lois Copé-Zimmermann et Rixain ont permis des avancées réelles dans la féminisation des conseils d’administration et des comités exécutifs, l’accès des femmes aux plus hautes fonctions reste très limité. Selon l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, elles n’occupent encore que 7,5 % des postes de président ou directeur général du CAC 40.

La féminisation des grandes entreprises françaises progresse, mais l’accès des femmes aux plus hautes fonctions reste encore très limité.

Selon l’édition 2026 de l’Observatoire SKEMA de la féminisation des entreprises, les femmes n’occupent que 7,5 % des 80 postes de président ou directeur général du CAC 40, et aucune ne cumule les fonctions de PDG.

Seules deux femmes présidentes de conseil d’administration et quatre directrices générales sont aujourd’hui recensées, illustrant la persistance d’un verrou au sommet des grandes organisations.

La situation contraste toutefois avec la composition des conseils d’administration, désormais proches de la parité avec 45,9 % de femmes, sous l’effet direct de la loi Copé-Zimmermann.

L’étude évoque à ce sujet un véritable « ascenseur législatif » : lorsque la contrainte réglementaire s’exerce, la féminisation progresse rapidement, mais dès qu’elle disparaît, la dynamique ralentit.

La loi Rixain commence néanmoins à produire des effets dans les instances exécutives. En 2025, les femmes représentent 28,81 % des membres des comités exécutifs du CAC 40, contre seulement 6,3 % en 2008.

Sept groupes respectent déjà simultanément les exigences des lois Copé-Zimmermann et Rixain : Accor, BNP Paribas, Kering, Engie, Publicis, Schneider Electric et Société Générale.

L’étude observe également un changement plus structurel : la féminisation ne repose plus sur l’élargissement des comités exécutifs mais sur un remplacement progressif d’hommes par des femmes au sein de ces instances.

Le plafond de verre se fissure mais demeure réel. L’écart entre la proportion de femmes parmi les ingénieurs et cadres et leur présence dans les comités exécutifs a été divisé par 2,5 depuis 2008, mais reste encore de 8,9 points en 2025.

Certaines entreprises illustrent fortement ces déséquilibres.

EssilorLuxottica, par exemple, compte plus de 50 % de femmes parmi ses ingénieurs et cadres mais aucune au comité exécutif, tandis que Vinci affiche un écart quasi nul entre vivier et sommet exécutif.

Au-delà des enjeux d’égalité, l’étude souligne que la mixité constitue également un levier de performance économique et extra-financière.

Les entreprises les plus féminisées affichent en moyenne une rentabilité opérationnelle plus élevée, un risque ESG plus faible et une meilleure résilience en période de crise.

Pour les chercheurs, la féminisation ne peut donc se limiter aux postes symboliques du sommet : elle doit irriguer l’ensemble de l’organisation, en particulier le middle management et les effectifs, pour produire des effets durables sur la performance et la création de valeur.

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