3 scénarios pour l’avenir économique des PME

Les TPE/PME/ETI indépendantes fabriquant les produits de grande consommation sont recherchées et privilégiées par les consommateurs et les citoyens. Ces PME des Territoires, locales (250 000 emplois directs) et industrielles (33 000 sites de production en France), sont aussi garantes de la souveraineté économique et alimentaire et de la transition écologique de l’Hexagone. Toutefois, en dépit de leur dynamisme, leur développement est aujourd’hui entravé par une réglementation pensée pour les multinationales. Un combat de David contre Goliath qui met à mal leur compétitivité et leur pérennité. Fort heureusement, il est encore temps d’agir ! Le quinquennat qui s’ouvre est décisif pour ces entreprises et donc pour l’avenir de la France.

Les PME des Territoires sont des entreprises qui participent à la souveraineté alimentaire, à l’indépendance économique et à la transition écologique du pays. Mais la concurrence est grande et rude. Quelles perspectives dans les 5 prochaines années ?

Scénario 1 – Statu quo : un combat perdu d’avance pour les PME des Territoires

Concrètement, que se passera-t-il si la situation n’évolue pas dans les cinq prochaines années ?

Les PME des Territoires pourraient bel et bien perdre le match face aux multinationales. L’un des premiers chantiers est celui de la fiscalité. Les PME supportent une fiscalité supérieure à celle des multinationales. En France, l’impôt sur les sociétés des PME est de 23,7 % quand il est de 17,8 % pour les multinationales. Une inégalité devant l’impôt d’autant plus importante que les PME ne sont pas en mesure de pratiquer l’optimisation fiscale et supportent ainsi l’ensemble des handicaps nationaux de compétitivité.

Par exemple, une PME qui réalise 5 millions d’euros de chiffre d’affaires paiera au bout de 5 ans, 5 925 000 euros d’impôts tandis qu’une multinationale au chiffre d’affaires équivalent en aura payé 4 450 000, soit une économie de 1 475 000 euros. Un déséquilibre qui, sur le long terme, pénalise la PME tant sur son développement que sur ses exportations. Sans oublier que l’impôt sur les sociétés français est le plus élevé de l’Union européenne.

La législation en matière de transmission d’entreprises freine aussi la croissance des PME. En raison de droits de donation et de succession très élevés, seule la moitié des 185 000 entreprises qui pourraient être cédées chaque année en France, le sont. Conséquence : en 5 ans, 462 500 entreprises pourraient disparaître et avec elles, leurs salariés.

Scénario 2 – Dégradation : la perte définitive de la souveraineté industrielle et alimentaire de la France

84 % de la population souhaite que la grande distribution propose au moins un produit sur deux de marque de PME françaises. Mais la réalité est tout autre. Elles ont beau représenter 98 % des entreprises de l’agroalimentaire, les PME n’occupent pas autant de place dans les rayons des supermarchés. Au total, les PME ne représentent que 20 % de la part de marché des enseignes de la grande distribution. D’ailleurs, les multinationales détiennent plus de 50 % des parts de marché.

Et si la situation venait à se détériorer ? Dans le cas de ce scénario, les retombées sur les PME des Territoires et le quotidien des Françaises et des Français pourraient être importantes.

Alors, si la situation venait à se détériorer davantage, les rayons de supermarché seraient remplis de produits de marques internationales, uniformisés, au détriment de produits locaux et authentiques. Un coup dur pour la diversité des produits, la protection du savoir-faire local et la liberté de choix des consommateurs et consommatrices.

Scénario 3 – Autre issue possible : 5 ans pour agir

Et si les solutions en faveur du développement des PME des Territoires, portées par la FEEF (Fédération des Entreprises et des Entrepreneurs de France), étaient appliquées ?

Si la France fait ce choix, le futur pourrait être bien plus positif pour ces 22 000 entreprises et leurs salariés. Des rayons de magasins remplis de produits responsables et en circuits courts serait possible. Comment ? En créant notamment le statut juridique de l’Entreprise à Valeur Humaine (EVH) qui viendrait valoriser les entreprises les plus contributives et engagées dans les territoires. 

Ces mesures auront un impact sur la création d’emplois : 150 000 emplois créés et 750 000 sauvegardés en cinq ans. Non seulement les PME dynamisent les territoires, mais elles les irriguent aussi de leur engagement social, sociétal et environnemental. Des effets bénéfiques qui entraînent la baisse des émissions de CO2 et stimulent les innovations vertes. Ce n’est pas pour rien que 76 % des Françaises et des Français estiment que les PME sont des acteurs clés de la transition écologique !

Léonard Prunier, Vice-président Fédération des Entreprises et des Entrepreneurs de France

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