Naturalia : “Le savoir-faire et les convictions portées par le bio depuis des années ressortent comme un besoin client essentiel en temps de crise”

Dans la continuité de son engagement RSE et après avoir passé le cap de l’inscription de sa Raison d’Être dans ses statuts, Naturalia devient le premier distributeur alimentaire français à être certifié B Corp. Quelle feuille de route et quels enjeux pour l’enseigne du groupe Monoprix ? Questions-réponses avec Sidonie Tagliante, Directrice Marketing, RSE et Communication de Naturalia France.

The Good : Que signifie cette nomination en tant que premier distributeur alimentaire français à être certifié B Corp ? 

Sidonie Tagliante : Cette certification est bien sûr un aboutissement. Mais ce n’est pas la fin, plutôt le début d’un chemin. Nous allons poursuivre notre démarche en faveur de plus de transparence vis-à-vis de nos clients, avec des standards encore plus élevés sur le plan social et environnemental. Cette exigence est une identité, tout autant qu’une stratégie. La stratégie de communication autour de l’obtention de B Corp est d’apporter encore plus de transparence sur nos actions à nos clients. C’est une approche globale et sincère attendue par les consommateurs.

The Good : Chez Naturalia, doit-on dire que la communication incarne et infuse la RSE, ou l’inverse ? Comment ? 

S.T. : La RSE fait partie intégrante de nos métiers, elle concerne toutes nos décisions. Ce n’est ni un sujet traité à part dans un service dédié ni un sujet de communication. Elle est suivie à travers une feuille de route précise avec des indicateurs qui évoluent tous les ans. Elle est également évaluée en parallèle grâce aux différents labels (Bio entreprise durable, diversité, égalité et désormais B Corp). En résumé elle infuse dans chacune de nos actions et la marque l’incarne de façon factuelle dans la tonalité qui est propre à Naturalia.

The Good : La crise Covid-19 a-t-elle influencé votre stratégie RSE et marketing, fait naître de nouvelles opportunités ou contraintes ? Comment y répondez-vous ?

S.T. : La crise Covid-19 a renforcé nos relations avec nos parties prenantes et l’utilité de la communication à l’attention de nos consommateurs. La crise sanitaire a permis à Naturalia de passer en mode « pleine conscience » quant à son impact en termes d’entreprise sur la société et de toujours valoriser les faits aux intentions.

Nous constatons que le savoir-faire et les convictions portées par le bio depuis des années ressortent comme un besoin client essentiel en temps de crise : manger sain, opter pour des offres en circuit court, cuisiner, éviter le gaspillage, chercher la transparence et l’engagement dans les produits, compter sur l’agilité des offres. Le bio répond donc à des attentes en contexte de crise et a su répondre aux besoins des gens.

Le magasin Naturalia Enfants Rouges dévoile de façon concrète une façon de répondre à ces attentes avec la mise en place du concept RILI (Réduction de son impact, Innovation, Local et Image). Il identifie et promeut les produits et marques qui vont au-delà du bio en termes de réduction d’impact environnemental, de circuit court, d’alimentation, de nouveaux modes de consommation et d’accessibilité. 

The Good : Quelles sont les clés qui manquent au secteur pour aspirer à devenir une grande distribution « à impact » ?

S.T. : Le Bio n’a pas vocation à être considéré comme un modèle de grande distribution. Le savoir-faire et l’innovation sont portés majoritairement par de petites entreprises qui ont déjà un modèle qui intègre une réduction d’impact par essence. La diversité de ces entreprises est à préserver et donc ne correspond pas au modèle de « standardisation » de la grande distribution. Le meilleur moyen d’aider le développement de ce modèle, est d’accompagner le développement du bio à travers la diversification de ses métiers, la structuration du cahier des charges, l’amélioration des référentiels autour du carbone et de la biodiversité et par exemple le soutien des enjeux que portent la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique).

Camille Lingre
Journaliste, ex rédac chef de The Good. Diplômée d’un Master en communication et journalisme, elle commence en agence de publicité chez DDB Paris puis intègre la rédaction d’INfluencia en 2017 et passe rédactrice en chef de The Good à son lanncement. Passionnée de littérature et engagée dans les luttes pour la justice sociale et la reconnaissance des minorités, elle est quitte en mai 2021 sa fonction de rédactrice en chef pour se consacrer au lancement de sa librairie.

Dernières publications

Performance durable : 10 questions à vous poser pour revenir à l’essentiel

Loi Pacte, pression réglementaire, traités internationaux, données extra-financières, neutralité carbone, analyse de matérialité, normalisation, ODD, scoring, labels… La notion de développement durable existe depuis 1987 suite au rapport de commission Bruntland à l’ONU mais nous nous sommes appliqués à la complexifier via la RSE depuis 34 ans jusqu’à désintéresser l’entreprise de sa propre performance durable. Comment alors revenir à l’essentiel? Voici 10 points à observer pour se recentrer sur sa performance.

Good People de la semaine du 15/06

Geneo : nomination de Cécile Patoux comme responsable de l’impact positif Biomonde : nomination de Philippe Poniwiera comme nouveau directeur général Groupe Tessi : nomination de Céline Savoy-Lamotte au poste de responsable RSE

HelloAsso : l’art de faire converger impact social positif, croissance de l’activité et culture d’entreprise engagée

Première solution de paiement gratuite pour plus de 120 000 associations en France, HelloAsso compte parmi les acteurs d’un monde plus solidaire et mérite toute notre attention. Reconnue ESUS (Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale), l’entreprise repose sur un modèle économique alternatif entièrement basé sur le volontariat des internautes, au moment du paiement (don). Non pas sans risque, le business model s’avère concluant. En 2019, 700 000 personnes ont fait librement le choix de soutenir HelloAsso, permettant de salarier une équipe de 65 collaborateurs. Comment la transition solidaire de notre société s’organise-t-elle au prisme du don ? Comment l’encourager en temps de crise et quels enjeux sont à considérer ? Questions-réponses avec Charlie Tronche, Directeur de la Communication et des Partenariats.

The Good lance le Grand Prix de la Good Economie

Dans la poursuite de sa vocation de marqueur de la Good Économie, et dans une démarche positive d’émergence de nouveaux modèles d’affaires plus respectueux du bien commun, The Good lance le Grand Prix de la Good Economie.

Matthieu Riché (Groupe Casino) : “il nous faut soutenir la prise de risque et montrer la valeur créée par la RSE dans chaque métier...

Après plus de dix ans d’actions concrètes œuvrant à une transition complète de son modèle, le groupe Casino est désormais reconnu par les agences de notation extra-financière parmi les entreprises les plus actives au monde. En 2021, il continue à porter de nouvelles initiatives et innovations pour répondre aux grands défis de la décennie : le climat et la biodiversité, la nutrition, la chaîne d’approvisionnement et l’égalité des chances. Rencontre avec Matthieu Riché, Directeur de la RSE pour le groupe Casino, pour mieux comprendre les enjeux et opportunités du Good liés au secteur de la distribution.