Julien Chantry, Retrofutur : “Changer les choses, ça s’apprend. Et les grands changements passent par les petits détails”

Riche de l’écoute de récits d’entrepreneurs à n’en plus finir et désireuse de poursuivre l’accompagnement des entreprises dans une transition effective de leurs modèles au delà des canaux de communication habituels, l’agence de communication Retrofutur lance 21 RECITS. Un programme de 21 histoires en 21 semaines, qui raconte l’initiative de marques qui ont inventé ou se sont réinventées face aux enjeux socio-environnementaux. Des initiatives de marques qui changent la donne et qui nous charment. De Patagonia et le début du mouvement anti Black Friday à la PME nantaise qui recrute des seniors en passant par la restructuration de l’offre de La Poste, l’objectif est simple : transmettre. Aider ceux qui veulent avoir de l’impact sur le quotidien. Petit à petit. Avec la bonne méthode, les bons exemples et les bons conseils.  Entretien avec son fondateur, Julien Chantry. 

The Good : Pouvez-vous nous raconter comment vous est venue l’idée de 21 Récits ? L’avènement des podcasts et la force de frappe du storytelling ont-ils été source d’inspiration pour vous dans l’invention de ce format ?

Julien Chantry : 21 Récits est né de plusieurs constats et le résultat en est la synthèse tant sur la forme que sur le fond. Le premier, c’est que les marques sont souvent pointées du doigt négativement comme la résultante de la société consumériste alors qu’elles ont un formidable rôle à jouer dans la société. Le second, c’est que la communication est une science riche qui nécessite de la vision, de l’attention aux détails et une certaine capacité à prendre des risques. Nous souhaitions casser les idées reçues que la communication était essentiellement réservée aux grands annonceurs ou à des budgets mirobolants. Et réaffirmer qu’elle est aussi une question de détails, de petites actions qui peuvent avoir de grands impacts pour votre business ou la société. Enfin, sur la forme, nous souhaitions prendre le temps de raconter les choses. Les histoires passionnantes que nous racontons méritent qu’on prenne le temps et qu’on ne fasse pas autre chose en même temps. Ce dont nous sommes fiers c’est que ces 21 histoires sont une petite balade sur des sujets de société qui informent et divertissent. Nous espérons qu’elles seront utilisées tant par des professionnels du métier que par des jeunes qui débutent. S’ils peuvent utiliser les quelques tips, insights ou exemples qu’ils découvrent ou redécouvrent, nous aurons gagné. 

The Good : Pourquoi avoir choisi Whatsapp comme canal média pour conter ces histoires ?

J.C. : Pour son lancement nous avons utilisé un canal plus classique et herbergé les contenus sur une page web, consultable et partageable à l’infini, mais, en effet, pour coller aux usages de notre audience, nous diffuserons les prochains épisodes sur WhatsApp. Il suffira de se rendre sur le site Retrofutur et de laisser son numéro de téléphone whatsapp. Chaque semaine, l’abonné recevra un article sur son téléphone pendant 21 semaines. 

Pourquoi WhatsApp ? Pour tisser un lien fort avec les lecteurs et s’adapter à leurs usages, mais aussi laisser une trace plus forte qu’un mail noyé dans la masse. De quoi aussi se différencier des médias traditionnels.

The Good : Parmi les histoires que vous avez jusque-là pu conter, quelles sont celles qui vous ont particulièrement marqué ?

J.C. : Toutes sont super intéressantes à lire car elles nous replongent dans l’histoire de la marque, souvent à un moment charnière de son histoire. Si je dois choisir parmi ces 21 “enfants”, je pense que celle qui m’a le plus marqué est celle sur Rapha, une marque que j’admire beaucoup tant elle a réussi à émerger en peu de temps avec son univers fait de dépassement de soi et de qualité produit. 

Mais avant de me plonger dans l’histoire, je n’avais pas mesuré à quel point la dimension communautaire avait joué un rôle clé dans son décollage. Et pas sûr qu’ils l’aient vraiment inventé, ils se sont inspiré, à raison, de marques qui avaient poussé cet aspect communautaire par le passé comme on tend à le montrer dans l’article. C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs équipements de vélo apparemment. Cet article résume bien l’intérêt de 21 Récits, et ça fait du bien de revenir à certains fondamentaux. A condition que cela ne soit pas ennuyeux.

The Good : Si le récit des grosses entreprises à succès comme Patagonia nous est plutôt familier, quelles sont ces petites pépites discrètes qui méritent toute notre attention ? Pourquoi ?

J.C. : Dans ce premier volet de 21 Récits, nous avons souhaité mettre des marques assez notoires en France et à l’international en pointant des anecdotes qui ne sont pas forcément connues du grand public. L’intelligence en communication est partout. On parle de Glossier, de GoPro à côté de La Poste ou encore de Michelin

The Good : En quoi 21 Récits permet-il d’accompagner les marques et entreprises dans leurs mutations ?

Format court, 21 Récits s’attarde sur les petits détails, ceux grâce auxquels les marques font de grands changements. Chez Retrofutur, nous croyons à un présent meilleur, aux initiatives qui changent la donne et qui impactent notre quotidien. Depuis la création de l’agence, nous soutenons les marques qui font bouger les lignes et qui les repoussent un peu plus loin. Nous croyons que changer les choses, ça s’apprend. Et les grands changements passent par les petits détails.

The Good : Vous parlez de petits détails pour grands changements. Riche du récit de toutes ces expériences entrepreneuriales, quels sont les 3 conseils que vous donneriez à un entrepreneur en quête de transition écologique sociale et solidaire  ?

J.C. :

  1. Projetez le monde dans lequel vous souhaitez vivre.
  2. Soyez authentique et n’y dérogez pas. Même s’y ça ne paie pas toujours, ça paiera sur le long terme.
  3. Battez-vous car l’entrepreneuriat ce n’est pas facile mais le chemin et la finalité sont grisants !
Camille Lingre
Journaliste, ex rédac chef de The Good. Diplômée d’un Master en communication et journalisme, elle commence en agence de publicité chez DDB Paris puis intègre la rédaction d’INfluencia en 2017 et passe rédactrice en chef de The Good à son lanncement. Passionnée de littérature et engagée dans les luttes pour la justice sociale et la reconnaissance des minorités, elle est quitte en mai 2021 sa fonction de rédactrice en chef pour se consacrer au lancement de sa librairie.

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