Dans les coulisses d’une nouvelle économie du Good

En terres entrepreneuriales mutantes, les entreprises se bousculent pour être sous le feu des projecteurs de la Good Économie en construction. Raison d’Être, redéfinition de ses objectifs, refonte de son identité de marque et réorganisation de sa structure, tout y passe.  A l’ombre de ces initiatives, start-up et autres plus grosses structures, nombreuses sont les petites mains qui s’agitent en coulisse. Elles s’appellent Entrepreneurs Pour La planète, Kickmaker, Choose your Impact ou encore How I Met Your planet, et contribuent chaque jour à asseoir des valeurs dont la planète ne saurait plus se passer. 

Si les discours politiques et autres leviers d’action du type projets de lois, régulations et sensibilisations jouent certainement un rôle dans la soudaine mobilisation du monde des entreprises face à la crise environnementale, il est certain que tous les lauriers ne peuvent leur être attribués. Derrière les prises de conscience et les nouvelles initiatives, des incubateurs, mouvements, et autres esprits du Good poussent les entreprises et les accompagnent. 

Parmi eux, Entrepreneurs pour la Planète. L’idée : un mouvement philanthropique dédié à la protection de l’environnement grâce à des actions de mécénat de compétences entre chefs d’entreprise et porteurs de projets d’un même territoire. Comment ? En mettant en relation des chefs d’entreprise désireux de s’engager et des porteurs de projets en quête de savoir-faire entrepreneurial pour pérenniser et développer leur activité. « Le mouvement Entrepreneurs Pour La Planète a un double objectif : tout d’abord faire émerger des projets à impact dans le domaine de la transition écologique en permettant aux porteurs de projet d’être accompagnés par des dirigeants d’entreprise dans le cadre du Mentorat, nous explique Christophe Caille, son Président. Cela permet au projet d’aller plus vite et parfois de revoir leur ambition à la hausse ; ensuite faire évoluer la perception des dirigeants d’entreprise de leur rôle et leur responsabilité vis-à-vis de la protection de l’environnement. En s’inscrivant dans la démarche Entrepreneurs Pour La Planète, le dirigeant d’entreprise va s’approprier cette démarche et embarquer avec lui ses équipes ».

Double-impact pour un mécénat innovant 

Si le concept de mécénat ne date pas d’hier, cette solution est pourtant doublement impactante. Non seulement elle fait émerger des solutions à impact, mais elle contribue aussi à conscientiser et politiser les dirigeants d’entreprise dans la lutte pour une transition éco-socio-environnementale de nos modes de fonctionnement. Collaborer pour mieux régner. « De très nombreux dirigeants d’entreprise souhaitent renforcer leur démarche environnementale et celle de leur entreprise mais ne savent pas comment faire. Entrepreneurs Pour La planète est une solution efficace pour justement passer à l’action. La plateforme web entrepreneurspourlaplanete.org centralise les projets environnementaux d’un territoire et permet en quelques clics, au dirigeant d’entreprise d’identifier le projet qui l’intéresse et d’entrer en contact avec le porteur de projet. Sans être révolutionnaire sur son principe, le mouvement Entrepreneurs Pour La Planète offre une approche innovante et efficace pour réunir le monde de l’entreprise et celui de la protection de l’environnement », poursuit Christophe Caille. Simple, efficace.

Dans la même veine, on note aussi How I Met your Planet : le premier site qui centre la recherche d’emploi autour de l’impact environnemental et social des entreprises. Son objectif : permettre de trouver l’entreprise qui correspond à ses valeurs, en facilitant la rencontre entre entreprises à impact et talents à la recherche de sens. 

Pour une tech responsable 

Autre propulseur immanquable du Good : Kickmaker : une agence d’industrialisation de produits high-tech créée en 2016 qui accompagne start-up, PME et grands groupes dans la réussite de l’industrialisation de leurs projets high-tech, du prototype à la série dans le domaine des nouvelles technologies : drone, robotique, nouvelles mobilités, médical, machine spéciale, IOT etc. La genèse de cette histoire : une passion pour les pépites tech en devenir. « Mon associé Eric Elmlas et moi-même étions férus de financement participatif de produits high-tech sur Kickstarter, nous raconte Vincent Despatin, co-fondateur de Kickmaker. Mais après de nombreuses expériences malheureuses de produits reçus en retard, défectueux, complètement différents du pitch d’origine ou pas reçus du tout on s’est demandé pourquoi tant de startups hardware échouaient dans l’industrialisation de leurs produits high-tech. Avec nos expériences professionnelles passées, moi en tant que directeur des ventes Altran Chine et Eric Elmlas en qualité de directeur de l’industrialisation chez Aldebarran, nous avons décidé de créer Kickmaker. Trois ans plus tard, nous sommes aujourd’hui une communauté de 140 ingénieurs, tous passionnés de technologie ». 

Maîtrise aiguisée du processus d’industrialisation de A à Z, partages d’expériences passées et retour d’expériences dans un flux continu avec le client, Kickmaker se veut une communauté de savoirs et d’expertise aux valeurs responsables. « Nous sommes bien évidemment concernés par les problématiques environnementales et sociales de notre domaine, et agissons à notre échelle pour y apporter des solutions concrètes. Cette préoccupation s’est installée progressivement, au cours du développement de l’entreprise, par le truchement de projets et de la volonté de certains employés, et participe à faire “grandir” (dans le sens social du terme) Kickmaker ». Micro-usines urbaines, relocalisation de certaines activités productives, développement de méthodes d’éco-conception des produits électroniques, rien n’est laissé au hasard. 

Concrètement ? « Un projet que nous affectionnons particulièrement est celui que nous avons mené avec l’entreprise Lunii, qui conçoit une fabrique à histoires pour enfants. Lunii avait fait produire la version antérieure de son produit en Chine. Ils sont venus nous trouver avec la volonté forte de produire la nouvelle version de la fabrique à histoires en France. Pour cela, nous avons travaillé durant un an à la re-conception mécanique du produit, à l’optimisation électronique, au DFA (Design for Assembly) aussi appelée conception pour l’assemblage et au sourcing de partenaires industriels. Nous avons, grâce à une reconception mécanique astucieuse, réussi à réduire le temps d’assemblage de 15 minutes à 1 minute, réduit le nombre de composants nécessaires et la matière, et avons trouvé un partenaire industriel (l’Usine BMS de Bayonne) prêt à produire la fabrique à histoires. Ce récit est donc non seulement celui d’une relocalisation victorieuse de la production d’un produit électronique en France, mais également celui d’une aventure industrielle qui a fait travailler en bonne intelligence une entreprise, une agence d’industrialisation et un industriel. Des mots mêmes des trois différentes équipes, ce fût une belle aventure », raconte Vincent Despatin. 

Des bonnes ondes 

Enfin, parce que porter des projets c’est aussi parfois un micro à tendre, comme Choose Your Impact, le podcast des projets vertueux. Partant du triste constat que seules 17%* des nouvelles diffusées tout média confondu traitent de bonnes nouvelles et que le climat hyper anxiogène dans lequel nous vivons a intensifié notre besoin d’inspirations et de nouvelles positives, Choose Your Impact prend place. Son idée : donner la parole à des créateurs et créatrices de projets vertueux, porteurs de solutions, invitant l’auditeur à avoir un impact sur les besoins des projets. Économie sociale et solidaire, entrepreneuriat 

Bref, une liste non-exhaustive de ces acteurs discrets et pourtant si précieux qui nous enthousiasment et qui nous l’espérons continuera de s’allonger face à une demande d’accompagnement et un désir de changement en hausse ! 

*Etude groupe Win PR – mars 2019

Camille Lingre
Journaliste, ex rédac chef de The Good. Diplômée d’un Master en communication et journalisme, elle commence en agence de publicité chez DDB Paris puis intègre la rédaction d’INfluencia en 2017 et passe rédactrice en chef de The Good à son lanncement. Passionnée de littérature et engagée dans les luttes pour la justice sociale et la reconnaissance des minorités, elle est quitte en mai 2021 sa fonction de rédactrice en chef pour se consacrer au lancement de sa librairie.

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