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    Comment l’engagement des communicant.es devient-il un levier au service de la RSE ?

    Comment faire de la diversité et de l’inclusion les clés d’une valorisation de l’entreprise ? Comment fédérer l’interprofession au service de la com et de ses transformations ? Autant de questions abordées dans « Les voix de la communication » : un projet de concertation porté par l’association des professionnels de la communication COM-ENT sous la nouvelle présidence de Séverine Lecomte. Rencontre avec cette dernière pour parler de l’impact positif dans la com.

    The Good : COM-ENT œuvre à la reconnaissance de la communication comme créatrice de valeur pour l’entreprise et pour la société. Dans le contexte actuel, entre urgence socio-environnementale et crise économique, quel rôle et utilité de la communication ? 

    Séverine Lecomte : L’utilité de la communication, c’est de donner la capacité aux humains de penser et de mettre en œuvre un projet commun. En mutualisant les compétences, les moyens, les intérêts. C’est ce qui a permis à l’Humanité de se développer et c’est toujours le cas. Plus forts ensemble, ce n’est pas nouveau. Mais on a parfois tendance à l’oublier, surtout dans un moment d’isolement et de perte de repères collectifs.

    C’est aussi permettre de gérer la complexité. Se parler, échanger, étudier les impacts de telle ou telle décision pour arbitrerensemble, c’est de la communication. Le but de la communication n’est pas de vendre des idées ou des produits, mais de construire le vivre ensemble, de se projeter dans l’avenir, de dépasser les crises. Pour cela il faut parler, expliquer, proposer, débattre, engager. Il faut que chacun.e prenne sa place dans l’histoire et les décisions collectives. Communiquer est une mission et une responsabilité importante, qui doit s’exercer avec expertise et intégrité. 

    The Good : La communication à impact positif, concrètement c’est quoi ?

    S.L. : Il s’agit de contribuer à des transformations utiles aux organisations, à la société, à l’environnement, à l’économie et aux humains qui vivent dedans. C’est identifier, comprendre et partager les besoins, les mouvements de fond pour construire des bases solides qui permettent d’avancer. Ce n’est pas défendre des intérêts qui ne font pas sens ou qui ne bénéficient qu’à quelques-un.e.s. Les jeunes n’en ont plus envie, et ils ne sont pas les seuls. C’est réfléchir et mettre en œuvre un monde d’après qui soit aussi un monde meilleur.  Avec exigence et éthique.

    The Good : Pouvez-vous nous en dire plus sur « Les voix de la communication » ? Quel est l’objectif concret de cette concertation sur 3 ans ?

    S.L. : COM-ENT est la seule association à rassembler l’ensemble de la chaîne de valeur de la communication : communicants en entreprise, en agences, issus du secteur public ou des associations, indépendant.e.s, écoles et aussi en transition de carrière. D’où le nom du projet. C’est aussi la question des voix et des voies multiples qu’il faut écouter et explorer pour progresser dans nos pratiques. C’est aussi le but de la concertation, qui a commencé dès la définition du projet avec l’aval du Conseil d’Administration. Pour être efficace, surtout dans une association dont la vocation est de rassembler les expert.e.s du secteur, il serait dommage de se priver de leurs avis éclairés et de leurs contributions ! C’est ce qui rend un projet efficace et ses résultats probants. Cela permet aussi aux membres du CA qui ont accepté de prendre en charge l’un des axes du projet de s’entourer de forces vives pour le mener à bien. Nous continuerons à opérer cette co-construction tout au long du mandat. Et après je l’espère ! 

    The Good : En quoi ce projet incarne-t-il le Good, la RSE et la transition des modèles de communication ? 

    S.L. : L’objectif du projet est simple : promouvoir une communication utile à la société et une association utile à ses adhérent.e.s. Les 8 axes du projet sont fondés là-dessus :

    • Comment accompagner les étudiant.e.s et les jeunes professionnel.le.s et renforcer pour elles et eux l’attractivité de nos métiers ?
    • Comment renforcer la contribution des communicant.e.s à la responsabilité sociétale de leur organisation ?
    • Comment aider les communicant.e.s à renforcer et élargir leurs compétences pour améliorer leur employabilité, tout au long de leur carrière ?
    • Comment renforcer l’inclusion, la parité, la diversité dans nos métiers et nos organisations ?
    • Comment permettre aux communicant.e.s de prendre de la hauteur et de se projeter dans l’avenir grâce à la prospective ?
    • Comment traiter la communication dans les organisations internationales et ouvrir nos horizons ?
    • Comment interagir avec les autres associations pour mutualiser nos actions et nos impacts positifs ?
    • Comment mieux partager nos inspirations et nos bonnes pratiques ?

    On a du travail, et heureusement des administrateur.ices, des adhérent.es engagé.e.s, actifs et actives pour les mener à bien !

    The Good : Parmi les sujets abordés dans ce projet de concertation, quels sont ceux qui vous touchent le plus ? En quoi ? 

    S.L. : Ils portent tous, et ensemble, une ambition qui m’est chère et essentielle depuis mes débuts en communication il y a plus de vingt ans, et que je développe également pour mes clients. A savoir, à quoi servons-nous au-delà de nos activités opérationnelles et des intérêts financiers que nous représentons ? Chaque communicant.e, dans chaque entreprise, chaque agence, chaque collectivité, doit se poser cette question, pour le bien de son organisation et le sien propre. C’est ce qu’on appelle la responsabilité. Et c’est aussi ce qui permet de dépasser la classification trop technique de nos métiers. Communiquer, c’est penser le monde.

    Je dirais que l’employabilité des jeunes et l’attractivité de nos métiers pour elles et eux est un sujet majeur : le mentorat, les questions d’égalité des chances, la manière dont nous pouvons les aider à se forger un réseau bienveillant sont au cœur de nos actions. Mais aussi les questions d’inclusion, de parité, de diversité, la manière dont les communicant.e.s transforment leurs fonctions pour les élargir à la RSE, à la transformation, à la stratégie, pour renforcer leur valeur ajoutée et leur employabilité. Il y a beaucoup de priorités, mais nous les prenons en charge avec beaucoup de détermination.

    The Good : Votre feuille de route RSE pour 2021 ? Des chiffres, objectifs ou projets clés ?

    S.L. : Nous avons deux projets clés à venir. Une nouvelle campagne de sensibilisation en faveur d’une communication non sexiste, avec la sortie d’un nouveau clip lié au projet  « No More Clichés » lancé en 2017.

    Nous lançons également les « Cafés RSE » : un cycle de rencontres traitant l’ensemble des thèmes RSE utiles aux communicant.e.s,  par des expert.e.s dédié.e.s.

    D’autres projets clés sont également lancés sur l’inclusion, les formations, la prospective, l’éthique…

    Camille Lingre
    Rédactrice en Chef The Good. Diplômée d’un Master en communication et journalisme, elle commence en agence de publicité chez DDB Paris puis intègre la rédaction d’INfluencia en 2017 et passe rédactrice en chef adjointe en 2020. Passionnée de littérature et engagée dans les luttes pour la justice sociale et la reconnaissance des minorités, elle est co-fondatrice d’une club de lecture et podcast féministe et membre de l’association de journalistes AJL.

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