Rapport du GIEC : les agriculteurs en soldats du climat

L’été et ses beaux jours s’achèvent. Encore qu’il faille relativiser cet aphorisme tant les dernières semaines révèlent à quel point le climat se joue de plus en plus des saisons et combien est grande la perspective de voir sombrer notre planète et de la découvrir sous un nouveau visage. Publié en août, le 1er volet du 6ème rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC) est sans appel : notre avenir commun est menacé, les dérèglements climatiques s’accélèrent, l’humanité à l’origine de ces changements devra faire face plus tôt que prévu à des événements “cataclysmiques” si nos émissions de gaz à effet de serre (GES) ne sont pas sévèrement freinées.

L’agriculture : principale victime et grande oubliée

Grand oubliée de la restitution des travaux du GIEC, l’agriculture est pourtant la principale victime des dérèglements climatiques, de la sécheresse, des inondations, de l’effondrement de la biodiversité. Cette nouvelle ère climatique, l’anthropocène, symbole d’un désordre planétaire annoncé, cause des dégâts inédits sur des modèles économiques déjà mis à mal par le libre-échange, une mondialisation non maîtrisée depuis vingt ans. Inévitablement, ces chocs climatiques vont mettre à mal notre sécurité alimentaire, vocation millénaire de l’agriculture. Alors que l’agriculture mondiale devra augmenter sa production de 50% d’ici à 2050 pour faire face au choc démographique, chaque degré Celsius supplémentaire lié au changement climatique baisse de 10% les rendements agricoles (source : GIEC).

L’agriculture : principale solution

Nourrir et protéger la planète, cela passe incontestablement par des mutations dans les modes de production afin de réduire la part agricole dans le total des émissions mondiales de GES, encore estimée à 25%, élevage compris. Garants de la sécurité alimentaire, les agriculteurs sont en passe de devenir les premiers soldats du climat.

A travers la préservation de la qualité de l’eau, le stockage de carbone, la protection du paysage et de la biodiversité, la croissance des énergies renouvelables, les agriculteurs du monde contribuent à restaurer ou maintenir des écosystèmes dont l’humanité tire des bénéfices.

En France, les transitions s’accélèrent pour proposer des trajectoires innovantes en matière notamment de pratiques culturales (ex : agroforesterie, agriculture de conservation des sols) et d’utilisation des nouvelles technologies, permettant au pays de rester ambitieux, mais dans des termes assurément renouvelés. Soutenues par des attentes politiques et sociétales, elles doivent l’être également sur le terrain économique.

Pour accélérer ces transformations et faire face aux défis de notre siècle, la mise à l’échelle du financement, auprès des agriculteurs, pour services environnementaux doit être un prérequis indispensable.

Nos concitoyens, politiques et institutions, que la crise du Covid semble avoir rapproché des besoins essentiels et du rôle de l’alimentation, doivent l’entendre et le comprendre : si l’agriculture évolue, elle contribuera davantage à l’agenda stratégique du climat que d’autres secteurs d’activité. La France doit miser sur son agriculture. Sa souveraineté alimentaire en dépend. Son adaptation au climat de demain aussi. Regardons nos agriculteurs comme des acteurs de notre sécurité.

Florian BRETON, Fondateur de MiiMOSA

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