Jeunesse : apprenons-leur autrement !

Une nouvelle économie durable et responsable doit obligatoirement passer par la revalorisation de l’image de l’apprentissage et de la formation professionnelle des jeunes.

Hier encore, l’image de l’apprentissage et de la formation professionnelle des jeunes était portée par des actions de communication très académiques : portes ouvertes, salons, magazines et autres actions isolées menées par autant d’opérateurs qu’il y a « d’Hommes de bonne volonté ». 

Ces initiatives, souvent perçues comme des messages émanant « d’adultes parlant aux jeunes », étaient construites sur des codes désuets et inaudibles par les nouvelles générations qui forgent leur opinion principalement au travers de réseaux sociaux communautaires. Si des opérations comme les Olympiades des Métiers (Worldskills) ou Apprentiscène permettaient de donner un « coup de jeune » à l’image de l’alternance et de la formation professionnelle, ce choix pédagogique était encore perçu comme une voie de garage par les parents encore très largement prescripteurs d’orientation de leurs enfants.

Réforme de l’apprentissage : les énergies se libèrent

Les organismes de formation et les CFA sortent de leurs dépendances politiques pour se développer et s’ouvrir à la réalité des besoins immédiats des entreprises et aux attentes des jeunes. Mais cette restructuration demande aussi aux établissements formant les apprentis des résultats tangibles. Cela implique d’évoluer pour plus de flexibilité, de clairvoyance mais aussi d’efficacité et donc d’investissements en matière de communication positive, de recrutement et d’optimisation de la gestion des ruptures de contrat.

La mécanique du « coût-contrat » et la certification Qualiopi obligent aujourd’hui les organismes de formation et les CFA à une nouvelle stratégie de conquête plus affirmée, parce qu’elle est devenue financièrement vitale. Sans une politique de recrutement agressive et segmentée, une gestion plus soutenue et intensive de la relation avec les entreprises partenaires mais aussi une agilité structurelle endémique, les établissements qui devront former les jeunes aux métiers de demain seront très vite dépassés. Il existe donc aujourd’hui une place de choix pour des entreprises expertes dans le domaine de l’apprentissage qui proposeraient à ces organismes de formation, des solutions d’accompagnement pour transformer cette révolution structurelle en succès à court terme.

Déjà et dès 2001, une entreprise avait ouvert la voie. Il y a 19 ans, le groupe Manifestory concevait et développait pour la région Ile-de-France le projet « Apprentiscène » avec pour vocation de créer une image positive de l’apprentissage tout en apportant aux apprentis une montée en compétence de leurs softskills. Par groupe de 5 à 7 apprentis, en format « atelier » et accompagnés par un metteur en scène de théâtre, ils créaient des saynètes publicitaires théâtrales de 3 minutes vantant les mérites de leur métier ou de grandes causes citoyennes. Ils se produisaient ensuite sur de grandes scènes nationales par des représentations « Grand Public » devant un jury de célébrités du monde du spectacle ou de l’entreprise. Ce concept original « des jeunes qui vendent leurs métiers à d’autres jeunes » ou plus simplement « des jeunes qui parlent aux jeunes » permettait ainsi une communication plus fluide et efficace vers une population de collégiens et de lycéens en recherche d’orientation. Les vertus de ces nouvelles modalités de communication venaient de faire leurs preuves.

Les Alternateurs pour aller plus loin

Cette démarche très RSE était portée à l’époque par une entreprise qui déjà, et au-delà de son ADN d’experte en communication événementielle, faisait de l’utilité sociétale de son activité une véritable mission. 

Aujourd’hui, non seulement cette opération très avant-gardiste existe encore, mais elle est, malgré les contraintes que la crise sanitaire fait peser sur les événements en présentiel, encore très prisée des CFA et de tous les acteurs de l’apprentissage. C’est pourquoi la jeune équipe des « Alternateurs », entreprise sociale et solidaire et filiale du groupe Manifestory, redynamise non seulement le projet mais souhaite aller plus loin. Se présentant comme un véritable spécialiste de la promotion et la valorisation de l’apprentissage au service de tout l’écosystème de l’alternance, cette jeune entité se donne pour mission de concevoir et d’accompagner des projets, initiatives ou actions menés par et avec tous les acteurs de l’apprentissage : CFA, OF, OPCO, fédérations de métiers, chambres consulaires, entreprises et institutions. Animés par une jeune équipe de 25 ans d’âge en moyenne (mais déjà pétrie d’expérience et de ressources), les Alternateurs souhaitent contribuer à l’efficacité des actions de recrutement en CFA et changer l’image de l’alternance par le déploiement de campagnes qui proposent une iconographie plus positive. Elle souhaite également aider les jeunes à améliorer leur savoir-être pour mieux s’adapter à leur environnement professionnel mais aussi accompagner les filières professionnelles dans la promotion de l’apprentissage.

L’importance du savoir-être professionnel

Par des initiatives originales et alternatives, des solutions hybrides entre pédagogie et activations digitales, outils audiovisuels et dispositifs événementiels à base de théâtre comportemental, « Les Alternateurs » s’attaquent surtout à des problématiques de savoir-être professionnel, responsables dans 80% des cas des ruptures de contrat. Parce que la durabilité de la relation entre l’entreprise et le jeune est un enjeu économique et stratégique majeur pour les CFA, elle devient une priorité pour un opérateur comme « Les Alternateurs » qui souhaite soutenir les acteurs de la réussite de l’alternance. L’insertion réussie d’un jeune devient alors pour chacun une priorité absolue. 

Prendre son destin professionnel en main

Enfin, l’apprentissage, la formation professionnelle et plus généralement le format d’alternance doivent demain être choisis par envie plutôt que par dépit. Il faudrait alors aller plus loin et emprunter des langages plus adaptés aux nouvelles générations. Ainsi, et pour atteindre cette objectif, il sera nécessaire de s’ouvrir à des formats qui viendront modifier les représentations sociales de certains métiers dont les métiers manuels ou ceux considérés comme « à faible valeur ajoutée ». Or, beaucoup de métiers ont une image dégradée aux yeux des parents et des jeunes, non pas parce qu’ils véhiculent de mauvais signaux sociaux mais parce qu’il n’existe dans le paysage audiovisuel aujourd’hui, aucun référent iconique. En effet, nous n’avons parmi les héros des séries (que tout le monde consomme avec avidité et dépendance) aucun plombier, sage-femme, plaquiste ou encore assureur. Il est évident que changer l’image d’un métier passe par la création de modèles et de héros auxquels les jeunes pourront s’identifier socialement et culturellement.

Voilà tout le travail qu’il reste à faire au-delà de l’appui nécessaire auprès de tous les acteurs de l’apprentissage pour une insertion professionnelle réussie et durable en entreprise des nouvelles générations.

Dans un environnement social complexe et incertain comme celui que nous traversons mais aussi face à l’enjeu que représente cette grande mission, les actions d’un opérateur comme « Les Alternateurs » n’est donc pas superflu : c’est une mission d’intérêt collectif et public, un engagement sociétal et avant tout, pour l’équipe en place, une passion assumée.
Olivier Mothes,  Directeur associé des Alternateurs, co-fondateur et associé de Manifestory, Directeur pédagogique de LéCOLE, the event thinking school; et co-fondateur et ancien président du Café de l’Avenir, accompagnant les jeunes diplômés dans la recherche de leur premier emploi.

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